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Tunisie

Le gouvernement tunisien taxé de laxisme face aux violences

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali et son gouvernement doivent faire face à de multiples violences et agressions dans le pays.
Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali et son gouvernement doivent faire face à de multiples violences et agressions dans le pays. REUTERS/Mohamed Azakir

A Tunis, Ennahda joue la fermeté contre les salafistes. Mercredi, le Premier ministre Hamadi Jebali assurait que « la patience des Tunisiens était à bout, et qu'Ennahda n'allait pas s'allier avec ceux qui traitaient les gens de mécréants ». Jeudi, le ministre de l'Intérieur lui a emboîté le pas, en rappelant la possibilité qu'avaient les forces de l'ordre d'utiliser des balles réelles contre ceux qui s'en prenaient notamment aux commissariats. « Personne n'est au-dessus de la loi », a rappelé Ali Larayed. Cette fermeté va-t-elle vraiment se traduire en actes ? Ces propos ne sont-ils pas seulement stratégiques, pour apaiser une population fatiguée par des incidents à répétition à Jendouba, après notamment l'incendie de bars et de commissariats le week-end dernier ?

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Depuis plusieurs jours, les ministres du parti Ennahda se relaient pour dire leur volonté d'être fermes à l'égard de ceux qui sèment la terreur, de ceux qui « veulent imposer leur mode de vie, leur modèle de société et qui ne respectent pas la loi ».

L'incendie de postes de police et de bars dans la région de Jendouba, le week-end dernier, a semble-t-il provoqué un sursaut, qui se traduit déjà dans des actes, comme l'explique Nehrzia Nabidi, membre du parti Ennahda et vice-présidente de l'Assemblée constituante : « A Jendouba, les gens qui ont brûlé les commissariats ont été arretés. Un professeur de théâtre a été agressé à El Kef, on a identifié la personne qui l'a agressé et tous les moyens sont mis en oeuvre pour son arrestation. Ce sont des actes, et c'est ce que veulent les Tunisiens. »

« Honnêtement, il n'y a pas eu de laxisme, poursuit-elle. Je crois qu'il y a une continuité dans l'action et dans les déclarations. Dès le début, ils ont dit que personne ne sera dérangé dans ses convictions ni dans son comportement tant que [l'on] respecte l'ordre public, les libertés de l'autre, et surtout que l'on ne commette pas d'actes de violence. Il y a eu des mises en garde avant du ministre de l'Intérieur M. Larayed. Mais ces dernières semaines, que ce soit dans la ville de Jendouba, El Kef ou ailleurs, il y a eu des agressions de personnes, des violences faites à des lieux publics, à des commissariats... Je trouve donc, et c'est ce que nous attendions, que le discours du Premier ministre était clair. Certes, le gouvernement est patient, certes on veut un Etat de liberté pour tout le monde, mais pas question de violence et surtout qu'il y n'ait un défi de l'autorité de l'Etat. »

Certains Tunisiens trouvent cependant cette prise de position un peu tardive et rappellent que le Premier ministre n'avait jamais, jusque-là, soutenu ses ministres qui s'élevaient contre les agissements des salafistes.

Samir Tayeb, député du parti La voix démocratique et sociale, commente : « C'est un laxiste et je suis sûr et je suis sûr qu'il suffirait d'un petit accord entre l'état-major d'Ennahda et des groupuscules salafistes pour que le ton de M. Jebali baisse en intensité. Hamadi Jebali n'est pas ferme et ne l'a jamais été, c'est la conjoncture politique qui dicte sa position. »

Autrement dit, pour Samir Tayeb, le Premier ministre soigne son image à l'approche du ramadan. Les salafistes font généralement parler d'eux à cette période, rappelle le député. Ce qui risque de nuir au parti Ennahda s'il ne se démarque pas clairement de leurs actions.

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