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Tunisie

Pour modifier les rapports hommes-femmes en Tunisie, Ennahda joue avec les mots

Durant sa campagne, le parti islamiste Ennahda promettait que les droits des femmes tunisiennes ne seront pas remis en question.
Durant sa campagne, le parti islamiste Ennahda promettait que les droits des femmes tunisiennes ne seront pas remis en question. REUTERS/Anis Mili

En Tunisie, nouvelle polémique a vu le jour sur le statut et sur l'égalité entre les femmes et les hommes. Un projet d'article de la future Constitution indique que « l'Etat assure la protection des droits de la femme sous le principe de complémentarité avec l'homme au sein de la famille en tant qu'associée de l'homme ». Ce débat, souhaité par les dirigeants du parti islamiste Ennahda, choque les associations féministes et de défense des droits de l'homme.

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Adopté en 1956, le code du statut personnel garantit aujourd'hui l'égalité des sexes en Tunisie. La proposition des députés islamistes d'Ennahda qui souhaitent que « la femme soit complémentaire de l'homme » scandalise la présidente d'Amnesty International à Tunis, Sondès Garbouj : « Il y a un mot qui est très dangeureux dans la proposition d'Ennahda dans l'article 28 à propos de la femme : en français, on dit "complémentaire" de l'homme ; en arabe, cela se dit "annexée" à l'homme, donc ce n'est pas un être qui existe par lui-même, qui est libre de ses choix. Donc nous sommes complètement contre. Si vous définissez la femme comme annexe, tout est permis ».

Pour les leaders d'Ennahda, ce projet de texte ne remet pas en cause l'égalité homme-femme. «  Complémentarité ne veut pas dire inégalité  », explique Mehrezia Labidi-Maïza, député Ennahda et vice-présidente de l'Assemblée nationale constituante. « Dans la complémentarité, est ce qu'il y a une inégalité d'une part ou d'une autre ? Dans la complémentarité, il y a justement un échange, un partenariat. Donc pour moi, c'est un bon débat. »

Les associations des droits de l'homme, qui accuse le parti islamique Ennahda de ne pas respecter ses promesses de campagne en cherchant à modifier l'égalité entre les femmes et les hommes, demandent le retrait de ce texte. Ces mouvements craignent une islamisation de la société tunisienne.

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