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Afrique du Sud

Afrique du Sud : le syndicat Cosatu en pleine tourmente

Le président de la Cosatu Sdumo Dlamini tient la main de Jacob Zuma (c) lors de l'ouverture du 10ème congrès du Cosatu, à Johannesburg, le 21 septembre 2009.
Le président de la Cosatu Sdumo Dlamini tient la main de Jacob Zuma (c) lors de l'ouverture du 10ème congrès du Cosatu, à Johannesburg, le 21 septembre 2009. AFPPHOTO/Paballo Thekiso

Le congrès de la confédération syndicale sud-africaine Cosatu s’est ouvert, lundi 17 septembre, à Johannesburg. L’ouverture du congrès se tient quelques semaines après le massacre de la mine de Marikana dans laquelle les ouvriers avaient entamé une grève sauvage pour réclamer des hausses de salaire. Trente quatre mineurs ont été tués. Ce conflit a mis en évidence une déconnexion des leaders syndicaux avec leur base. Les premières mesures prises par la Cosatu ont reconduit le président de l’organisation ainsi que son secrétaire général dans leurs fonctions.

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A l’ouverture du congrès, le président sud-africain, Jacob Zuma, a appelé employeurs et salariés, en grève, du bassin minier de Rustenburg, près de Marikana, à s’entendre « sans tarder » compte tenu de l’impact du conflit sur l’économie nationale. « Nous ne pouvons pas nous permettre d'être en récession » c’est le cri d'alarme de Jacob Zuma, lancé à l'ouverture du congrès de la grande confédération des syndicats sud-africains, proche du pouvoir.

L’impact va bien au-delà du secteur de l’exploitation minière.

Jacob Zuma

Devant les membres de la Cosatu, le président sud-africain a aussi longuement appelé les délégués du congrès à resserrer les rangs, célébrant « une alliance toujours plus forte face aux difficultés ».

Cet appel de Jacob Zuma à l’unité a été entendu ; les premières décisions prises par la Cosatu vont, en tout cas, dans ce sens puisque son président et surtout son secrétaire général qui dirige l’organisation, depuis 13 ans, ont été reconduits dans leurs fonctions, sans opposition, malgré les remises en question qui avaient émergé, suite à la crise sociale qui secoue le pays.

Quant à Jacob Zuma, son accueil triomphal, auprès des délégués syndicaux, est de bonne augure concernant sa réélection comme président de l’ANC qui se jouera dans trois mois.

Décalage entre les dirigeants et la base

Perçue, avant tout, comme un fidèle soutien de l’ANC – parti au pouvoir – la Cosatu devrait débattre de son alignement sur les positions de l’ANC.

L’Union nationale des mineurs (NUM) – le plus gros syndicat parmi les 21 qui forment la Cosatu – a été accusé, ces dernières semaines, d’être trop complaisant avec le patronat et de ne pas défendre les intérêts des travailleurs. Les grévistes ont d’ailleurs rompu tout dialogue avec ce syndicat et, pire encore : un de ses membres a été tué, la semaine dernière, près de la mine de platine de Marikana.

Pour l’aile gauche de la Cosatu, ce décalage entre la base des ouvriers et les leaders syndicaux s’explique par le fait que la politique prend une trop grande importance dans l’organisation. Obsédés par les querelles internes de l’ANC, les dirigeants de la Cosatu en auraient oublié la protection des travailleurs.

A l’opposé, les soutiens de l’actuel secrétaire général estiment, quant à eux, que l’influence des syndicats est mieux assurée si ceux-ci font partie de l’Alliance, au pouvoir. Cependant, il est difficile de parler d’un alignement avec l’ANC car le parti est lui-même divisé entre les pro et les anti-Zuma - des divisions qui se reflètent forcément au sein même de la confédération syndicale.

De fait, les questions de fond, telles que la mise en place d’un salaire minimum commun à tous les secteurs, risquent de passer au second plan par rapport à ces stratégies politiques qui lassent tant la base.

Joint par RFI, Claude Kabemba, Directeur de l’Observatoire des ressources naturelles de l’Afrique australe, considère que les dirigeants de la Cosatu se sont égarés, depuis très longtemps, de leur mandat qui est celui de rester en contact avec la base.

Il y a un signe très fort que les travailleurs lancent à la Cosatu : elle doit, soit se réformer, soit s’intéresser à leurs problèmes.

Claude Kabemba

 

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