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ONU / Sahel

ONU: une réunion de chefs d’Etat pour coordonner la mobilisation pour le Sahel

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à la tribune de l'Assemblée générale.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à la tribune de l'Assemblée générale. REUTERS

C'est ce mercredi 26 septembre 2012 que s'ouvre à New York une réunion à haut niveau concernant le Sahel, en marge de la 67e session de l'Assemblée générale de l'ONU. Ce sommet, présidé par le secrétaire général de l'organisation, Ban Ki-moon, doit marquer une prise de conscience des Nations unies sur la crise dans la région et dans le nord du Mali en particulier. Que faut-il attendre de cette réunion ?

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Six mois après la prise de contrôle du nord du Mali par les groupes islamistes armés, la crise se hisse à la tribune des Nations unies.

Ces derniers jours, les choses se sont accélérées avec la signature d'un accord entre Bamako et la Cédéao sur les modalités d'une intervention militaire. Maintenant, « il faut aller vite », selon le ministre malien des Affaires étrangères.

Tièman Coulibaly attend beaucoup de ce rendez-vous : « Il faut qu'au sortir de cette réunion, les Nations unies aient un concept cohérent et un plan réaliste pour agir dans les plus brefs délais. Nous sommes pressés, le monde entier est pressé, cette réunion est très importante ».

Convaincre le Conseil de sécurité

Jusqu'ici le Conseil de sécurité s'est montré très prudent - voire sceptique - face au projet de l'organisation ouest-africaine. Le Mali et la Cédéao éspèrent maintenant convaincre les membres du Conseil pour qu'il donne son feu vert au recours à la force.

Mais attention, ce n'est pas lors du sommet d'aujourd'hui que des décisions concrètes seront prises. C'est ce que rappelle Djibril Bassolé, le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, pays médiateur dans cette crise.

« Il n'y a pas de décision majeure à attendre. En revanche, la Cédéao pourrait demander, dans les jours à venir, à faire une présentation au Conseil de sécurité. Et là, une résolution pourrait certainement être prise pour approuver le déploiement des forces de la Cédéao au Mali ».

Ce sommet sera donc davantage une étape vers le vote d'une résolution. Le président malien par intérim vient d'ailleurs de saisir le Conseil de sécurité pour demander « l'intervention d'une force internationale sous le chapitre VII des Nations unies ». Et cette éventuelle résolution, la France la soutiendra. Paris ne veut pas « être en première ligne », et souhaite avoir un rôle de « facilitateur ». Mais la France est très engagée dans ce dossier, comme l'a rappelé le président François Hollande mardi à la tribune de l'Assemblée générale.

« La France soutiendra toutes les initiatives permettant que les Africains eux-mêmes règlent cette question dans le cadre de la légalité constitutionnelle avec un mandat clair du Conseil de sécurité. Il faut que le Mali retrouve l'intégrité de son territoire et que le terrorisme soit écarté de cette zone du Sahel », a décalré François Hollande.

Un « Monsieur ONU pour le Sahel »

L'un des temps forts de la réunion de New York pourrait aussi être la nomination attendue d'un émissaire spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Sahel. Quelques noms circulent, on parle de Jean Ping le président sortant de la commission de l'Union africaine ou du Ghanéen Mohamed Ibn Chambas, l'ancien secrétaire exécutif de la Cédéao.

Rien n'est encore fait, mais pour l'ancien ministre malien Oumar Hamadoun Dicko, l'un des leaders du Front démocratique et républicain (FDR), le Front du refus -anti putsch -, l'idée d'un émissaire onusien est une très bonne chose.

« Ce doit être un grand diplomate, une personne avec une grande capacité d'écoute, une grande capacité d'ouverture, quelqu'un qui a une grande connaissance du Sahel, de ses hommes, de ses pratiques, quelqu'un avec un carnet d'adresses suffisamment important pour entrer en contact avec les uns et les autres ».

Du côté du FDR, le sommet sur le Sahel sera un tournant décisif. En revanche, à la COPAM, cela suscite beaucoup d'hostilités. Rokia Sanogo est vice-présidente de la Coordination des organisations patriotiques du Mali, favorable au coup d'Etat du 22 mars. Elle dénonce des « arrières pensées ».

« On se cache derrière le fait que la Cédéao va aider le Mali pour lutter contre les islamistes au Nord. Pour nous, c'est tout un jeu, la Cédéao devient la cinquième colonne de la France pour son action dans le Sahel ».

La question de l'intervention militaire et ses modalités font donc toujours débat à Bamako. Quoi qu'il en soit, cette réunion ce mercredi sera un moment fort vers une éventuelle opération, mais il faudra encore de longues semaines avant d'y voir vraiment clair. D'autant que les autorités maliennes n'ont pas complètement fermé la porte aux négociations avec les groupes armés.

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