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France / Mali

Jean-Yves Le Drian: «Pour l'instant, l'heure n'est pas à l'intervention» au Mali

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense.
Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. REUTERS/Francois Lenoir

Le 12 octobre dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a donné 45 jours au gouvernement malien pour présenter un plan d'action solide. Le Mali souhaite une intervention internationale dans le Nord, contrôlé par des groupes islamistes armés. Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, interrogé par RFI ce mercredi 24 octobre, s'est montré prudent, indiquant que l'heure était à la planification. 

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RFI : Vous avez dit, le 16 octobre dernier, qu’une intervention militaire au Mali était une question de quelques semaines. Est-ce que c’est toujours aujourd’hui le scénario que vous retenez ?

Jean-Yves Le Drian : Pour l’instant, l’heure n’est pas à l’intervention. Pour l’instant, l’heure est à la mise en œuvre des dispositions qui ont été recommandées par le Conseil de sécurité de l’ONU. Il s’agit, pour les Etats africains, que ce soit les membres de la Cédéao, des régions des Etats africains de l’Afrique de l’Ouest, ou des Etats africains de l’Union africaine, de mettre en place un plan d’action, qui doit être soumis à nouveau au Conseil de sécurité dans un délai, maintenant, d’un mois. Et c’est après que la question de l’intervention se pose.

Pour l’instant, nous sommes dans la phase diplomatique, parce que les discussions continuent, et dans la phase d’élaboration d’une planification qui doit être soumise aux instances internationales. Parce qu'aucun engagement ne peut se faire sans la validation juridique du Conseil national de sécurité. Et les Africains prennent toute leur place dans cette élaboration.

Où en est ce processus de planification ? Est-ce qu’il suit un rythme satisfaisant qui permet d’envisager une intervention dans un délai raisonnable, au regard de la situation humanitaire sur place ?

Il se déroule normalement. Il y a eu une première réunion majeure à Bamako, il y a quelques jours, et les informations que je peux avoir montrent que ce dispositif se prépare. Il se prépare aussi avec l’accompagnement de l’Union européenne.

Je vous rappelle que, en plus du mandat qu’a donné le Conseil de sécurité pour l’élaboration d’un plan d’action, il y a aussi le soutien de l’Union européenne. Les ministres des Affaires étrangères se sont réunis il y a quelques jours, et ont décidé de mettre en œuvre un dispositif d’accompagnement, de soutien à l’élaboration d’une intervention des pays africains, qui sont les demandeurs, puisque la démarche qui a été initiée est une démarche qui provient de la demande des autorités maliennes, qui veulent – et c’est bien normal – reconquérir la souveraineté sur leur pays.

Alors il se trouve qu’il y a un lien très fort entre l’intégrité du Mali et la sécurité de l’Europe. Parce que ces groupes armés qui aujourd’hui occupent ce territoire dont on ne mesure pas l’ampleur (...) ne sont pas extrêmement nombreux, mais extrêmement déterminés et armés. Il faut éradiquer cette progression qui touche à l’intégrité d’un pays, qui entraîne des conséquences humanitaires dramatiques, et qui ensuite, en même temps, permet d’identifier des risques majeurs pour nous-mêmes.

Est-ce que vous savez aujourd’hui, très précisément, quel sera le rôle de la France dans cette intervention ?

La France a dit, par la voix du président de la République, qu’elle accompagnerait, qu’elle soutiendrait. C'est-à-dire formation, soutien logistique, apport de matériel. Ce sont les Africains qui sont à l’initiative et qui doivent mener la reconquête de leur propre territoire.

Vous pouvez donc affirmer qu’il n’y aura aucune participation opérationnelle de la France, d’aucune manière ?

Le président de la République a été très clair là-dessus.

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a démenti hier que des drones français soient en cours d’acheminement sur le secteur. Est-ce que vous confirmez, qu’en effet, ce n’est pas à l’ordre du jour ?

A ma connaissance il n’y en a pas. Je pense que je serais informé. Par contre, il est nécessaire, qu’à partir des bases que nous avons en Afrique, nous essayions de rechercher nos otages. Et donc que l’on fasse du renseignement de l’information de la recherche de visibilité sur la localisation. C’est évidemment notre devoir.

L’ancien ministre de la Défense, Hervé Morin, qui était hier soir sur notre antenne, estimait qu’une intervention dans le nord du Mali, soutenue par la France serait, d’une part difficile à mener, et d’autre part dangereuse, justement, pour nos otages. Est-ce que vous partagez son analyse ?

Tout est dangereux pour nos otages ! C’est la raison pour laquelle nous sommes d’abord très prudents, lorsque nous en parlons, et c’est la raison pour laquelle nous déployons énormément de moyens pour rechercher leur implantation – on sait qu’ils ne sont pas tous au même endroit – et pour imaginer leur exfiltration.

Ceci étant, ce que M. Morin a dû oublier de vous dire, c’est que les groupes armés dont on parle, déclarent à qui veut bien l’entendre, y compris dans les médias, qu’ils peuvent prendre d’autres otages. Donc, il y a là une situation extrêmement insupportable ! Il faut utiliser tous les moyens pour sauver nos otages, et en même temps assurer au Mali son intégrité. C’est ce que nous faisons dans une démarche qui est, effectivement, très difficile.

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