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Burkina Faso

Burkina Faso : 13e Salon international de l'artisanat à Ouagadougou

Le stand du Sénégal avec le nom du pays en lettres géantes.
Le stand du Sénégal avec le nom du pays en lettres géantes. Frédéric Garat/RFI

Le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou, le SIAO, qui se tient tous les deux ans, a ouvert ses portes pour sa 13e édition vendredi 26 octobre, et les refermera le 4 novembre. Il s’agit de l’un des rendez-vous les plus importants du continent pour faire la promotion de l’artisanat africain. Un événement particulièrement attendu, compte-tenu des soubresauts qui agitent certains pays de la sous-région.

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Cela a démarré avec quelques fausses notes : des conteneurs de marchandises qui arrivent en retard du port d’Abidjan, des chefs d’Etat annoncés pour l’inauguration officielle (Alassane Ouattara, Mahamadou Issoufou, Blaise Compaoré) et qui finalement se désistent. Mais à présent le SIAO 2012 bat son plein.

Regards tournés vers le Mali

Outre les exposants burkinabè (forgerons, bronziers, ébénistes, tisserands), les délégations ghanéennes, ivoiriennes, et surtout maliennes sont venues en force cette année. Il faut dire que le gouvernement de transition de Bamako a voulu marquer son soutien au secteur en réservant, à ses frais, une quarantaine de stands sur les différents pavillons du SIAO. « 45 millions de francs CFA, c’est un effort exceptionnel en cette période de crise », souligne le ministre de l’artisanat malien Ousmane Ag Rhissa.

Non loin du stand officiel du Mali, appelé « stand pays », un groupement de tisserands et de teinturiers expose de magnifiques bogolans de Bamako, des tenues traditionnelles en indigo de Kayes ou de Ségou. Leur espoir est de vendre ici, à Ouagadougou, ce que les touristes ne viennent plus acheter au nord du pays. Boubacar Doumbia, l’un des meilleurs teinturiers de Ségou, vous explique que, depuis un an, son chiffre d’affaire a chuté de 70%. « Aucune entreprise européenne ne s’en remettrait », lui fait-on remarquer, ce à quoi il répond, avec un léger sourire, que son « modèle économique s’adapte et qu’il a encore un peu de réserves pour vivre ». Mais on sent bien qu’il ne faudrait pas que la crise perdure, les jeunes apprentis qu’il forme au métier seraient alors obligés d’émigrer dans le sud du pays ou ailleurs.

Pavillon de l’excellence

En sortant du pavillon marron, on se dirige vers celui de la créativité. Là, un comité de sélection a réuni une trentaine de pièces choisies parmi les quelque 560 exposants du salon. Il s’agit d’y faire valoir l’excellence, l’originalité, l’inventivité, la créativité, en matière d’artisanat africain. On y trouve une magnifique coiffeuse réalisée par le Burkinabè Ousmane Kouyaté. Un meuble entièrement modulable qui séduit tant par son design, son ingéniosité que sa prouesse technique : tôles de bidons meulées, miroir escamotable et ferronneries, le tout avec une chaise intégrable dans le corps du meuble.

Meubles design du Centre Lukaré à Ouagadougou fabriqués à partir de matériaux de récupération.
Meubles design du Centre Lukaré à Ouagadougou fabriqués à partir de matériaux de récupération. Frédéric Garat/RFI

A voir également : pneus de récupération ou canettes usagées transformées en « bain de soleil » et banc de jardin, cotonnades bio ou poufs et coussins de salon en sacs plastiques recyclés et tissés (ceux-là mêmes qui défigurent les paysages d’Afrique)…. L’imagination des artisans du continent ne semble pas avoir de limites.

La seule, finalement, c’est l’accès aux marchés internationaux, l’artisanat africain restant un marché de niche. C’est pourquoi, cette année, les organisateurs ont voulu mettre l’accent sur la professionnalisation du secteur. Ainsi, pour la première fois, dans un bâtiment flambant neuf, « Soleil levant », construit par le Japon, invité d’honneur, un espace B2B -business to business- a été aménagé pour des rencontres entre acheteurs professionnels et vendeurs. De plus, une cellule d’information a été mise en place pour renseigner les hypothétiques acheteurs sur les droits de douanes, les coûts des transports, les contacts des transitaires, afin de faciliter l’exportation des marchandises.

Mais ces acheteurs ou professionnels (galéristes, organisateurs de foires et autres salons…), sont encore bien rares aux yeux des artisans : quelques boutiques ou revendeurs espagnols ou néerlandais, des représentants de la foire de Paris…Le bilan de ce premier « salon business » se fera, vraiment, à la clôture du SIAO le 4 novembre.

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