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RDC / Entretien

Augustin Matata Ponyo Mapon : «Nous voulons travailler à l’amélioration du climat des affaires»

Le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo Mapon répond à la presse lors de sa visite de trois jours en France. Paris, le 14 novembre 2012.
Le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo Mapon répond à la presse lors de sa visite de trois jours en France. Paris, le 14 novembre 2012. Photo AFP / Pierre Verdy

Le Premier ministre de RDC, Augustin Matata Ponyo Mapon, termine ce vendredi 16 novembre une visite officielle en France à forte tonalité économique. Après avoir rencontré les investisseurs français au siège du Medef, jeudi, il doit rencontrer son homologue français Jean-Marc Ayrault. Objectif du chef du gouvernement congolais : présenter à ses interlocuteurs une image renouvelée de la RDC. Interview.

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RFI : Quel est le visage de la République démocratique du Congo sur le plan économique que vous présentez à vos interlocuteurs français ?

Augustin Matata Ponyo Mapon : D’abord, le produit intérieur brut (PIB). Aujourd’hui, la RDC est en train d’enregistrer des taux de croissance historiques, une croissance de 7,2% pour l’année 2012. L’année prochaine, nous prévoyons un taux de croissance de 8,2%. Ce sont des prévisions crédibles qui indiquent que, même si le climat économique mondial est morose, en Afrique, il y a un pays qui est en train de progresser.

Qu’est-ce qui fonde la croissance économique de la RDC ? Est-ce qu’il y a une diversification des activités et des richesses ?

Aujourd’hui, la croissance économique est tirée principalement par le secteur minier qui est en train de monter en puissance. Au plus fort de son fonctionnement, la Générale des carrières et des mines (Gecamines) produisait 500 000 tonnes de cuivre. Lorsque l’économie congolaise est tombée au plus bas vers les années 1990, ce taux de production est descendu à moins de 50 000 tonnes. Aujourd’hui, c’est historique, la RDC va dépasser le cap des 500 000 tonnes. Et l’année prochaine, nous attendons plus de 600 000 tonnes. La RDC est en train de progresser. Le secteur des travaux publics bouge, de même que la télécommunication, les transports et les services.

Il y a, semble-t-il, un débat autour du taux de royalties que les compagnies minières devraient payer à l’Etat congolais. On cite des chiffres de 5% et de 35%. Est-ce que le gouvernement congolais veut vraiment multiplier par 7 les royalties des compagnies minières ?

Non. Lorsque le gouvernement veut faire des réformes vigoureuses et porteuses de croissance il y a parfois des diversions, du sensationnalisme. Nous sommes en train de réaliser un travail de fond pour pouvoir réviser le code minier. Le code actuel date de 2001, il avait été mis en place avec l’appui de la Banque mondiale. C’était il y a plus de dix ans. Nous voulons donc réformer ces codes mais nous le ferons avec l’appui de tous, les partenaires, la société civile, tout le monde pourra apporter sa contribution.

Selon le baromètre de la Banque mondiale, le Doing Business, la RDC est très mal placée (181ème) alors que d’autres pays africains comme le Rwanda font des progrès.

Nous sommes en train de faire des réformes. Nous avons juste six mois de travail et ce classement a été rendu public avant que notre gouvernement ne soit opérationnel. Beaucoup de choses ont été faites : de nouvelles lois allègent la façon dont notre pays doit fonctionner, plusieurs taxes illégales ont été supprimées. Aujourd’hui nous avons un taux d’inflation de 3% pour 2012. Nous n’avions pas vu cela depuis 1976. Cela signifie que nous remontons au niveau des performances enregistrées dans les années 70. Nous nous mobilisons sur les recettes fiscales, nous combattons la corruption et la fraude pour établir une bonne gestion des affaires publiques. En termes réels, les recettes publiques ont pratiquement doublé. Si nous continuons sur cette lancée, les investissements vont croître. Le taux d’investissements publics par rapport au PIB avoisine les 35% alors qu’il était de près de la moitié il y a quelques années. Les investissements étrangers sont en train de monter en puissance. Dans le secteur minier par exemple, les 500 000 tonnes que nous sommes en train de faire, ce n’est pas uniquement avec la Gécamines, entreprise publique, ce sont aussi les entreprises privées qui sont en pointe.

Le scandale géologique de la RDC, c’est terminé ?

Non, le scandale géologique ne va jamais se terminer parce que le fleuve Congo ne va jamais se tarir. La forêt est encore aussi vierge qu’elle l’était il y a des années. Les mines sont encore là. En ce qui concerne les terre arables, 10% seulement de cette terre est exploitée. Le scandale géologique, le scandale forestier, le scandale naturel, tout cela est encore là. C’est la raison pour laquelle nous voulons travailler à l’amélioration du climat des affaires et nous invitons tout le monde à venir travailler dans notre pays.

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