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Ouganda / RDC

Ouganda: les discussions entre le gouvernement congolais et le M23 mal embarquées

Le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, le 19 juillet 2012.
Le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, le 19 juillet 2012. AFP PHOTO / JUNIOR D.KANNAH

Les pourparlers à Kampala ont mal commencé dimanche entre le gouvernement de Kinshasa et le M23. Dès la session d’ouverture, le M23 s’est livré à une attaque en règle contre le régime Kabila. Kinshasa a exigé que les Ougandais lui donnent l’occasion de répliquer.

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Le ministre ougandais de la Défense a ouvert les pourparlers en expliquant qu’ils commenceraient à Kampala et s’achèveraient par des conclusions et une signature à Goma. Le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, a ensuite pris la parole sur un registre diplomatique, souhaitant le plein succès des travaux.

Puis les choses se sont gâtées quand est venu le tour du chef de la délégation du M23, François Rucokoza, lequel s'est livré à un réquisitoire contre le président Joseph Kabila et son camp, accusés « d’incitation à la violence, à l’exclusion, à la xénophobie contre les Congolais rwandophones ». Il a ainsi dénoncé « la corruption, la mauvaise gouvernance ».

La délégation de Kinshasa n'a pas voulu en rester là et il n’y avait plus de protocole qui tenait. Le ministre Tshibanda est revenu à la tribune. Il a exigé que les Ougandais lui donnent l’occasion de répliquer à la prochaine séance pour répondre et dénoncer les crimes du M23 : « Je trouve inacceptable que des gens qui ont pour seule légitimité la Kalachnikov viennent ainsi dépeindre les élus du peuple congolais ».

Les délégations s’en sont allées dans une ambiance glaciale. Elles doivent se retrouver ce lundi 10 décembre.


À la sortie de cette première séance de pourparlers à Kampala, le porte-parole du M23, Bertrand Bissimwa, a expliqué la raison de ce discours radical d’entrée de jeu.

« Nous avons parlé pour le peuple congolais qui souffre et c’est ce qui justifie justement ces négociations. Quand le peuple doit s’exprimer, il faut qu’il exprime le mal qu’il ressent. C’est aussi cela la dialogue, il faut qu’on se dise la vérité. Ils parlent de crimes que le M23 aurait commis et qu’ils vont dénoncer, mais justement c’est cela qu’ils veulent faire en bloquant la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs de venir enquêter chez nous pour mettre à jour tout ce qui s’est passé dans notre territoire que nous contrôlons. Nous sommes au début du dialogue et le dialogue n’est pas là pour se faire plaisir ou se raconter des mots doux. Nous sommes là pour nous dire les mots qu’il faut (...) Ils ont opposé au peuple la Kalachnikov. Le peuple s’est défendu par la Kalachnikov ».


François Mwamba, négociateur de la délégation de Kinshasa relativise l’incident. Le Mouvement du 23-Mars, le M23, a voulu, selon lui, faire un coup médiatique.

« On est là devant deux stratégies. Il y a la stratégie de celui qui n’a rien à présenter sur le fond et qui veut prendre en quelque sort son bénéfice tout de suite sur le M23. Et on l’a bien vu, ils sont allés dans l’insulte, dans des informations non vérifiables alors que, bien entendu, de la part de la délégation qui vient de Kinshasa, la stratégie est de privilégier le fond et on oubliera très vite cet épisode. Les choses sont sérieuses : cette guerre, ces violences, ces tueries. On a violé, on a privé les gens non seulement des libertés, mais aussi de leurs biens, etc. Nous ne pouvons pas donner l’impression que nous sommes venus à Kampala pour faire une guerre médiatique ».

Quand on lui demande s'il n'a pas l’impression d’être au bord de la rupture dans cette négociation, François Mwamba répond par la négative.

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