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MALI

Exactions, règlements de compte: la grande crainte d'un débordement au Mali

Des soldats maliens à bord d'un pick-up, à Diabaly, le 26 janvier 2013.
Des soldats maliens à bord d'un pick-up, à Diabaly, le 26 janvier 2013. REUTERS/Joe Penney

Après la conquête de Gao et Tombouctou par les forces françaises et maliennes, la vie reprend son cours dans ces villes. Mais le départ des islamistes semble loin d'avoir tout réglé : l'ombre de représailles ciblées contre les Touaregs et les Arabes planent sur le pays. Ce mardi 29 janvier 2013, la procureure de la Cour pénale internationale a notamment mis en garde le gouvernement malien contre d'éventuels abus de l'armée.

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Vingt-quatre heures après la libération de Tombouctou, l'armée malienne qui sécurise la ville tente d'empêcher les pillages. Certains habitants sont accusés d'avoir fait preuve de bienveillance à l'égard des islamistes. En guise de vengeance, des magasins supposés leur appartenir ont été pillés par une foule en colère.

Ce mardi, lors d’une réunion avec le colonel malien qui a mené l’opération de reconquête de Tombouctou, le premier vice-président du Comité de crise de la ville a demandé à la population de rester calme. « Nous en appelons maintenant à éviter tout esprit de vengeance », a-t-il lancé.

« On nous conseille de rester cachés »

A Gao, où se sont déployés les militaires maliens, nigériens et tchadien, la situation est relativement calme. Mais il règne désormais une certaine psychose parmi les Touaregs de la ville. Des maisons et des boutiques auraient été pillées, et nombreux sont les habitants qui fuient.

Ci-dessous, le témoignage d'un homme qui vient d'un village de brousse et se cache depuis plusieurs jours, par peur d'être pris à partie par des jeunes délinquants. Il s'est vu conseiller par les autorités de rester caché le temps que la situation se normalise.

Des jeunes gens s’en sont pris à tous ceux qu’ils croisent dans la rue (….). On nous a conseillé de rester cachés là en attendant que les autorités et les militaires gèrent la situation (…). Ce sont les Arabes et les Touaregs qui sont visés.

Mises en garde internationales

Face à la polémique qui enfle, à propos d'exactions et d'exécutions sommaires perpétrées par les soldats maliens, Fatou Bensouda, la procureure de la Cour pénale internationale, a mis en garde ce mardi le gouvernement de Bamako.

Certaines exactions commises par des soldats maliens ont été rapportées à la Cour. La procureure « invite les autorités maliennes à mettre immédiatement fin ces actes et à ouvrir des enquêtes à l'encontre des responsables ».

Les informations nous ont semblé suffisamment sérieuses pour que le procureur de la CPI émette un rappel au droit applicable (…). Nous pourrions élargir le champ de nos investigations. Ça s’adresse aux combattants de base mais aussi et surtout aux officiers, à ceux qui les commandent.

La France a joint sa voix à celle de la CPI. Elle a demandé le déploiement d'observateurs internationaux dans le pays, pour veiller « au respect des droits de l'homme » face au « risque d'exactions ».

« Déploiement d'observateurs internationaux »

Jean-Marc Ayrault a demandé de rester prudent concernant les accusations d'exactions attribuées à l'armée malienne, et affirmé qu'aucune preuve n'avait été rassemblée par la Croix-Rouge internationale. Le Premier ministre français s'est exprimé publiquement sur le sujet, devant les parlemenaires.

Nos forces ont reçu pour consigne de se montrer d’une extrême vigilance (…) Le gouvernement français est favorable au déploiement d’observateurs internationaux qui veilleront au respect des droits de l’homme.

A Addis-Abeba, où il assistait à la réunion des donateurs pour le Mali, le ministre français des Affaires étrangères s'est lui aussi montré très ferme sur les éventuelles exactions de l'armée malienne.

Il faut qu'il soit bien su, par les uns et les autres, que s'il y avait des exactions, ils sont susceptibles d'être poursuivis devant les tribunaux et les tribunaux internationaux

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