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Centrafrique

Centrafrique: 15 jours pour trouver le successeur de Djotodia

Devant le palais présidentiel, à Bangui, le 30 novembre 2013.
Devant le palais présidentiel, à Bangui, le 30 novembre 2013. AFP / SIA KAMBOU

En Centrafrique, le président par interim Alexandre-Ferdinand Nguendet a signé ce dimanche 12 janvier au soir le décret convoquant les 135 membres du Conseil national de transition à partir de mardi, afin qu'ils élisent d'ici dix jours le successeur de Michel Djotodia à la tête de la transition. Quelle femme ou quel homme sera choisi ? Des poids lourds, comme les anciens Premiers ministres Martin Ziguélé et Anicet Georges Dologuélé passent leur tour, car ils se réservent pour la bataille suivante, l'élection présidentielle. Et le jeu est très ouvert…

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Comme l'enjeu est de ramener la paix, beaucoup souhaitent que le futur élu maîtrise les questions sécuritaires. Du coup, certains pensent à un officier, comme le général Gailloty Bibanga, qui était jusqu'à présent à l'état-major de la CEEAC, ou comme le général de gendarmerie Parfait Mbaye, qui a été aussi ministre des Affaires étrangères, ou encore comme le colonel Anicet Saulet, qui est actuellement ambassadeur au Caire.

D'autres pensent à un civil qui a une expérience d'homme d'Etat, comme l'ancien ministre des Affaires étrangères Karim Meckassoua ou l'ex-ministre chargé du Secrétariat général du gouvernement, Désiré Kolingba. Ils pensent aussi à l'ancien ministre de la Défense, Jean-Jacques Demafouth, ou à l'ex-ministre de l'Administration territoriale, Josué Binoua.

Comme l'enjeu est aussi de réconcilier les communautés chrétiennes et musulmanes, beaucoup pensent à une figure de la société civile, comme la maire de Bangui, Catherine Samba Panza, ou comme Béatrice Epaye, qui se consacre aux enfants des rues.

Enfin, il ne faut pas oublier Alexandre-Ferdinand Nguendet lui-même. Comme il a présidé le Parlement de transition ces neuf derniers mois, il y compte quelques amis.


Prendre en compte les anti-balaka

Pour Cyriaque Gonda, membre du CNT et chef de file de l'ancienne majorité de François Bozizé, le choix du futur président de la transition doit maintenant être fait dans la sérénité. Mais avant le scrutin, et à l'instar d'autres partisans du président déchu, il demande une concertation avec les anti-balakas. « Il y a une nouvelle donne maintenant. Ce sont les anti-balaka. Ils ne sont pas membres du CNT, mais ils ont secoué le cocotier. Il faut une concertation assez élargie, qu’on ait leur point de vue », plaide-t-il.

Cyriaque Gonda sera-t-il lui-même candidat ? « La décision appartient à l'entité que je dirige », répond l'intéressé. Mais une chose est sûre : celle-ci va présenter un candidat. « Nous avons l’expérience de la réconciliation, nous avons la capacité d’avoir l’armée nationale acquises à certaines de nos prises de position, tout comme certains anti-balaka. Et la classe politique nous connaît ».

Un premier rapprochement entre Seleka et anti-balaka ?

Deux acteurs politiques de la crise ayant conduit à la démission de Michel Djotodia et à son Premier ministre font preuve de contrition : Abakar Sabone, ministre conseiller de l'ex-président Djotodia qui avait menacé le pays d'une scission nord/sud, et Joachim Kokaté, le coordinateur des milices anti-balakas, se disent prêts à travailler désormais pour la réconciliation des Centrafricains.

Il y a quelques semaines, alors que la crise centrafricaine avait tourné à un affrontement intercommunautaire, Abakar Sabone, leader politique originaire du nord, avait menacé de faire sécession. Aujourd’hui il dit regretter sa sortie et demande pardon : « Notre pays, la République centrafricaine, restera uni et indivisible. Nous n’allons jamais nous séparer. C’était sous la colère et je demande pardon au peuple centrafricain. Nous resterons unis jusqu’à l’infini ».

Abakar Sabone appelle aussi à la signature immédiate d’un accord de cessez-le-feu entre les Seleka et les anti-balaka. Le coordonnateur des anti-balaka, Joachim Kokaté se dit prêt à ce geste qui devrait faciliter le désarmement : « C’est une priorité pour le rétablissement de la paix. Il nous faut nécessairement signer un accord de cessez-le-feu avec les Seleka, afin que la vie politique et de la vie économique du pays puissent reprendre son cours normal, pour que tout Centrafricain puisse vaquer à ses occupations ».

Au-delà du cessez-le-feu, les deux leaders qui disent avoir pardonné appellent à la tenue rapide d’une conférence nationale, qui permettra aux Centrafricains de repartir sur de nouvelles bases.

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