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Les retombées des essais atomiques français de 1960 indignent l'Afrique

Le 13 Février 1960 à 7h04 le premier engin nucléaire français «Gerboise bleue» explose dans le désert saharien du Tanezrouft, au sud-ouest de Reggane.
Le 13 Février 1960 à 7h04 le premier engin nucléaire français «Gerboise bleue» explose dans le désert saharien du Tanezrouft, au sud-ouest de Reggane. AFP

Quelles conséquences les essais nucléaires français en Algérie ont-ils eues sur l'Afrique ? Le débat est relancé depuis la publication d'une carte classée jusque-là secret défense montrant que l'explosion de la première bombe atomique française a entraîné un nuage radioactif en Afrique de l'Ouest et centrale pendant une quinzaine de jours.

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La publication de cette carte sur l’étendue exacte des retombées nucléaires radioactives des essais atomiques réalisés par la France dans le Sahara algérien est accueillie avec grand intérêt dans les pays concernés. Ainsi, certains Burkinabè attendent les explications des autorités françaises de l’époque. Chimiste de formation, Sayouba Traogo est convaincu que le passage de ce nuage radioactif dans le ciel burkinabè a eu des répercussions négatives sur la santé des populations à l’époque : « Chimiquement parlant, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu d’effets négatifs sur les gens qui ont vécu pendant cette période-là. Ça au moins, on ne peut pas en douter ».

La France doit fournir des explications

Quant à David Kabouré, il est révolté contre le choix porté sur le continent africain pour ces essais nucléaires par une puissance colonisatrice : « Si c’est eux qui ont fabriqué ça, c’est à eux de l’essayer chez eux et voir ce que ça donne, quels sont les effets que ça produit, et non pas venir en Afrique ici pour faire ça ». Si les Burkinabè rencontrés dans les différents quartiers de Ouagadougou sont divisés sur la nature d’un éventuel dédommagement des pays traversés par le nuage nucléaire, ils sont, par contre, unanimes pour que l’Etat français fournisse toutes les informations nécessaires sur les conséquences de ces essais nucléaires en Algérie : « Il faut que la France nous dise réellement quelles ont été les conséquences, les impacts de ces essais au niveau du Sahara. A l’heure actuelle, on ne peut pas parler de dédommagements mais il faut que nous aussi nous soyons sûrs de ce qui s’est passé et demander réparation ». « Maintenant que l’information est connue, le plus important plutôt que de demander un dédommagement financier, ce serait d’exiger des informations claires, quitte à ce que en cas de nécessité aujourd’hui qu’on puisse demander à la France d’accompagner techniquement les Etats africains à pouvoir faire face aux conséquences éventuelles de cette situation », explique un autre burkinabè. Les populations attendent d’ailleurs une réaction des chefs d’Etat africains sur la question.

Le Parti vert du Tchad indigné

Depuis qu'il a appris la nouvelle, Badono Daïgou, le président du Parti vert du Tchad, souhaite faire toute la lumière sur cette affaire pour que cela n'arrive plus jamais.

Les conséquences sur les populations, je crois qu'il faut des études pour les déterminer. On peut prendre des échantillons et essayer de voir, même si le mal est déjà fait. Même si les études sont faites et qu’on n’aboutit pas à quelque chose de concret, cela fera jurisprudence et les grandes puissances ne vont plus s’amuser à balancer n’importe quoi un peu partout sur d'autres pays qui sont faibles.

Badonou Daïgou, président du parti vert tchadien

→ Voir la carte du Parisien sur les retombées nucléaires radioactives après les essais aériens réalisés par la France dans le Sahara algérien.

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