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Rwanda

Génocide rwandais: le docteur Twagira mis en examen en France

L’église de Ntarama où 5 000 personnes ont été tuées lors du génocide au Rwnada, en avril 1994.
L’église de Ntarama où 5 000 personnes ont été tuées lors du génocide au Rwnada, en avril 1994. Majority World/UIG via Getty Images

Moins d’une semaine après la première condamnation d’un génocidaire rwandais – Pascal Simbikangwa condamné à 25 ans de réclusion à Paris – la justice française a mis en examen, ce jeudi 20 mars, le docteur Charles Twagira pour son rôle présumé dans des massacres commis, il y a vingt ans, à Kibuye, dans l’ouest du Rwanda. Ce médecin, installé en France, a obtenu la nationalité française.

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C'est à Vire, dans le Calvados, qu'il a été arrêté en début de semaine. Charles Twagira, médecin, s'était installé en Normandie il y a huit ans. Au Rwanda, pendant le génocide de 1994, le docteur Twagira était une personnalité dans la préfecture de Kibuyé où il exerçait d’importantes fonctions en tant que responsable régional pour la santé. Au moment des massacres, Charles Twagira s'est-il comporté en chef des milices interahamwe ? L'intéressé s'en est toujours défendu affirmant qu'il n'était pas un militaire et qu'à l'hôpital, il n'a fait que son boulot de médecin.

Mais cette mise en examen pour génocide prouve que la justice s'intéresse très sérieusement à son parcours, dévoilé par Alain Gauthier, du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR). Alain Gauthier a recueilli les témoignages de miliciens repentis. Il y a aussi celui d'un médecin allemand de l'hôpital de Kibuyé, Wolfgang Blam, qui accuse Charles Twagira d'avoir donné des ordres aux milices pour qu'elles viennent exécuter des Tutsis réfugiés à l'hôpital, à commencer par la famille du directeur qui fut massacrée. Si le docteur Twagira n'est pas sur la liste des génocidaires les plus recherchés, les questions à son sujet ne manquent donc pas.

Encore 25 génocidaires présumés visés en France

Après Charles Twagira et Pascal Simbikangwa condamné à 25 années de prison il y a une semaine, reste encore 25 informations judiciaires à l'encontre de Rwandais installés en France. Tous font l'objet d'une plainte du CPRC qui traque sans relâche depuis 17 ans les génocidaires présumés menant une vie paisible en France. Parmi eux, la figure la plus connue est Agathe Abyarimana. A 71 ans, la veuve de l'ex-président rwandais est souvent présentée comme une tête pensante de l' « Akazu », le premier cercle du pouvoir hutu stratège du génocide. Toujours habitante de l'Essonne, en région parisienne, mais sans titre de séjour, elle a saisi la Cour européenne des droits de l'homme pour conserver l'asile en France.

Parmi les autres présumés génocidaires visés, la France compte encore deux autres médecins, un abbé soutenu par son évêché, un ancien préfet, mais aussi l'ex-chef d'état-major adjoint de l'armée rwandaise. Après des années d'atermoiements, la justice française n'est plus inactive, juge Alain Gauthier. Depuis la création du pôle Crimes de guerre, crimes contre l'humanité au Tribunal de grande instance de Paris il y a deux ans, les procédures restées longtemps au point mort s'accélèrent. Trois juges se consacrent à ces affaires à plein temps et des gendarmes mènent des commissions rogatoires au Rwanda. Résultat, selon Alain Gauthier, la France n'est plus le refuge pour génocidaires qu'elle a longtemps été.

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