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Maroc

Maroc: la déprogrammation d'«Exodus» fait débat

Le film «Exodus» du réalisateur britannique Ridley Scott a été interdit de diffusion en Egypte et au Maroc.
Le film «Exodus» du réalisateur britannique Ridley Scott a été interdit de diffusion en Egypte et au Maroc. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Au Maroc, c'est la polémique du moment : la fresque historique du cinéaste américain Ridley Scott, Exodus, a été interdite par les autorités marocaines après, semble-t-il, un débat entre le gouvernement et le Centre cinématographique marocain qui avait à l'origine délivré le visa d'exploitation. Le journaliste marocain Ahmed Benchemsi dénonce un cadeau fait aux fondamentalistes.

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Selon la notification écrite d'interdiction qui est parvenue hier, samedi, à la société distributrice du film, les autorités reprochent à l'œuvre Exodus de personnifier Dieu, sous la forme d'un enfant se présentant à Moïse. La personnification de Dieu est taboue pour l'islam. Le film avait déjà été déprogrammé en Egypte où le ministre de la Culture l'avait accusé de falsifier l'Histoire.

Le journaliste marocain Ahmed Benchemsi, rédacteur en chef du site freearabs.com dénonce un cadeau fait aux fondamentalistes : « Il n’est pas du tout dit que ce film-là aurait suscité la moindre réaction. Mais en faisant cela, qu’est-ce qu’ils [le pouvoir] font ? Ils ont fait un cadeau inespéré aux islamistes. Du coup, [ces derniers] sont bien contents et disent : "en effet, on aurait été en colère". Est-ce qu’ils l’auraient été vraiment ? On n’en sait rien. C’est comme au tennis, quand on lève une balle facile à quelqu’un, il la smashe. C’est exactement ce qui va se passer encore une fois. »

Pour le journaliste, le vrai débat autour du film n'est pas à chercher dans la sphère politique, mais au coeur même de la société, parmi, « ces jeunes activistes qui sont sur les réseaux sociaux, sur Facebook, sur Twitter », très remontés par cette interdiction.

Mais si elle permet d'évoquer la liberté d'expression, cette interdiction entraîne aussi plus d'autocensure. « Il y a un imbécile quelque part, pardonnez-moi l’expression, qui se dit que ça pourrait poser problème aux plus fanatiques, qui prend peur et qui déclare que le contenu du film ou du livre en question pose problème religieusement, poursuit Ahmed Benchemsi. Et à partir du moment où cette personne-là le dit, vous avez une horde de couards derrière qui n’osent pas faire le contraire de peur d’être considérés comme moins musulman que le premier imbécile en question. [...] C’est un effet boule de neige, [et] qui fonctionne de pays en pays. Là, c’est l’Egypte qui a commencé, mais dans le cas de livres ou films précédents, ça avait commencé au Maroc et ça s’est étendu ailleurs. Donc c’est un phénomène de contagion. »

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