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Cameroun

Cameroun: la défense d’Atangana Mebara dénonce une «procédure bizarre»

Jean-Marie Atangana Mebara, ancien secrétaire d'Etat à la présidence du Cameroun.
Jean-Marie Atangana Mebara, ancien secrétaire d'Etat à la présidence du Cameroun. UN Photo/Devra Berkowitz

Il se présente comme une victime de l’opération Epervier, cette campagne de lutte contre la corruption lancée par Paul Biya. Au Cameroun, le procès de Jean-Marie Atangana Mebara, l’ancien secrétaire général à la présidence, a repris cette semaine. Cette personnalité a été condamnée à 15 ans de prison ferme dans le premier volet de cette affaire.

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Mardi 5 mai dans la soirée, le tribunal criminel spécial a estimé qu’il avait suffisamment d’éléments pour poursuivre Mebara pour des faits de malversations présumées, un détournement de fonds dans le cadre de l’achat manqué d’un avion présidentiel. Lors de cette audience, Mebara a jugé qu’il était en réalité soupçonné d’avoir tenté de prendre le pouvoir.

Le tribunal criminel spécial accuse Jean-Marie Atangana Mebara d’avoir détourné près de 5 millions de dollars destinés à l’équipement de l’avion présidentiel, dont l’achat n’a finalement pas abouti. Les faits remontent à 2001. Mebara est alors secrétaire général à la présidence et proche de Paul Biya. Lors de cette audience, le ministre des Finances de l’époque a confirmé avoir ordonné le virement de cette somme sur les comptes de Boeing, le fournisseur de cette opération.

« Les dés sont d’avance pipés »

De son côté, la défense relève une série d’anomalies et dénonce une « procédure bizarre ». Selon elle, les responsables de l’avionneur ne sont par exemple pas cités dans ce dossier pour confirmer ou infirmer les accusations. A cela s’ajoute l’absence d’un autre coaccusé, Jérôme Mendouga. Ancien ambassadeur à Washington, il est soupçonné d'avoir coordonné la commande de matériel, mais il est décédé en novembre dernier.

« Tous les justiciables, y compris les anciens collaborateurs du chef de l’Etat poursuivis dans le cadre de l’opération Epervier, doivent pouvoir bénéficier de la présomption d’innocence », écrit Me Claude Assira dans une lettre ouverte adressée au président. « Les dés sont d’avance pipés », dénonce cet avocat, qui estime que « la justice est devenue le ferment de l’absurde et de l’arbitraire ».

La reprise du procès est prévue le 21 mai prochain. D’ici là, Jean Marie Atangana Mebara devra dire comment il compte organiser sa défense. Rappelons que cette procédure vise également d’autres personnalités, telles que Marafa Hamidou Yaya, un autre ancien secrétaire général à la présidence, ou encore l’ex-patron de la Camair, Yves-Michel Fotso, qui ont tous deux écopé de 25 ans de prison.

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