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Libye / Immigration

Libye: naufrage d’un bateau transportant des centaines de migrants

Des migrants sont secourus après le naufrage de leur embarcation au large de la Libye, le 5 août 2015.
Des migrants sont secourus après le naufrage de leur embarcation au large de la Libye, le 5 août 2015. REUTERS/Marta Soszynska/MSF

Un bateau de pêche transportant des centaines de migrants a chaviré mercredi 5 août, à environ 30 kilomètres de la côte libyenne. Plus de deux cent personnes sont toujours portées disparues. Les opérations de secours vont se poursuivre toute la nuit. Ce naufrage pourrait être le plus important depuis celui qui a coûté la vie à quelque 800 personnes en avril. L'Organisation internationale pour les migrations annonce que plus de 2 000 migrants sont morts depuis le début de l’année en Méditerranée.

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Six cent personnes peut-être sept cent, parmi lesquelles des familles avec des enfants, se trouvaient à bord du bateau de pêche qui a chaviré, d'après le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Quelque 400 survivants ont pu être secourus et 25 corps ont été retrouvés, selon les derniers bilans, encore très incertains.

Le navire a lancé un appel à l’aide aux gardes-côtes de Catane, en Sicile mercredi matin. Il se trouvait à environ 15 milles des côtes libyennes, au nord de la ville de Zouara, non loin de la frontière tunisienne. Deux embarcations, l’une de Médecins sans frontières (MSF) et l’autre de la marine irlandaise, qui patrouillaient dans la zone, ont été envoyées sur place.

C'est lorsque le navire irlandais a mis à l'eau deux canots pour s'approcher du bateau surchargé que ce dernier s'est retourné, probablement sous l'effet d'un mouvement de foule, alors que la mer était très calme. Selon le porte-parole du HCR, le bateau a coulé rapidement parce qu'il était en métal et beaucoup de migrants sont sûrement restés bloqués dans l'épave.

Les autorités irlandaises affirment avoir secouru 367 personnes, dont 12 femmes et 13 enfants. Un bébé d'un an, fiévreux, et une personne ayant une jambe cassée ont été hélitreuillés vers l'île voisine de Lampedusa.

Le bilan pourrait se révéler très lourd

Les opérations de sauvetage sont toujours en cours et se poursuivront cette nuit. Elles sont coordonnées par les garde-côtes italiens. Sept unités navales au total sont mobilisées au large des côtes libyennes, dont deux navires affrétés par l’association MSF et un bateau de secours d’une ONG maltaise, avec à bord également des bénévoles de MSF. Un drone et d’autres moyens aériens ont été déployés et des canots de sauvetage ont été déposés dans la mer pour permettre aux naufragés de s'accrocher. Tout est fait pour essayer de sauver le plus grand nombre de vies possible.

Mais le président de Médecins sans frontières en Italie, Loris de Fillippi a peu d’espoir. « La plupart des migrants ne savent pas nager. A cela, s’ajoutent l’épuisement physique et la panique qui leur fait perdre tous leurs moyens », rappelle-t-il à notre correspondante à Rome, Anne Le Nir. Le bilan de ce nouveau naufrage pourrait donc être très lourd. Les premiers migrants secourus devraient débarquer ce jeudi en Sicile.

Un drame qui survient dans une année sombre. Plus de 2 000 migrants sont morts en Méditerranée selon l’Organisation internationale pour les migrations. En avril dernier un naufrage avait coûté la vie à 800 personnes, déjà au large des côtes libyennes et ce malgré un important renforcement de l'opération européenne Triton. 200 000 migrants seraient par ailleurs arrivés par la mer en Italie et en Grèce.

La température de l'eau est assez chaude, donc les gardes-côtes italiens ont l'espoir de sauver d'autres survivants

Flavio Di Giacomo

Des embarcations de fortune

L’OIM, Organisation internationale des migrants, note que la majorité des noyades a lieu dans le canal de Sicile, qui relie la Libye à l’Italie : c’est là que les passeurs fournissent aux migrants ces mauvaises embarcations qui ne supportent pas la traversée. Federico Fossi du HCR, Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, rappelle que les bateaux utilisés par les trafiquants sont des bateaux de fortune qui sont trop fragiles et surchargés. En l'espèce, il s'agissait d'un bateau en métal : « C'est très dangereux, parce que même dans des conditions calmes comme aujourd'hui, quand ils repèrent des bateaux de secours, les passagers se déplacent vers l'un des côtés du navire et celui-ci chavire immédiatement. Et comme la plupart ne savent pas nager, cela va très vite. Et ce qui rend cette opération très complexe, c'est qu'elle se déroule trop près des côtes, à 24 km à peine du littoral libyen».

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