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Côte d'Ivoire

En Côte d’Ivoire, la chasse aux fonctionnaires fictifs bat son plein

Le palais de justice d'Abidjan.
Le palais de justice d'Abidjan. RFI / Matthieu Millecamps

Près de 2 300 fonctionnaires fictifs ont été débusqués dans le pays par le ministère ivoirien de la Fonction publique. Ces trois dernières années, ceux-ci ont joui du statut de fonctionnaires sans avoir passé les concours requis. Du coup, le ministre promet une réforme en profondeur.

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La plupart des 2 286 fonctionnaires fictifs identifiés par le ministère ivoirien de la Fonction publique ont bénéficié d'une complicité en interne. Si ces contrevenants ont obtenu des statuts de fonctionnaires, c'est bien souvent par l'entremise d'autres fonctionnaires qui, moyennant des sommes rondelettes, leur ont délivré de faux numéros de matricule.

Un juteux trafic d'influence, pratiqué par une petite trentaine d'agents de l'Etat qui pourraient, dans les prochains jours, avoir de sérieux problèmes avec leur hiérarchie, et avec la justice. « Nous avons demandé au conseil de discipline d’engager des poursuites contre ces fonctionnaires. Seules neuf personnes ont été entendues par le conseil de discipline. Au-delà de la sanction disciplinaire que le ministère pourrait avoir à prendre, nous allons saisir l’agent judiciaire du Trésor afin que la poursuite pénale soit engagée », a prévenu Ibrahim Cissé Bacongo, ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative.

Une « responsabilité partagée », selon le syndicat

Selon les syndicats, cette découverte révèle un malaise plus profond au sein de l'administration publique ivoirienne, qui compte 180 000 fonctionnaires au total. Pour Joël Gaha, secrétaire général du Syndicat national des agents de la fonction publique (Synafop-Ci), il faut que la fonction publique fasse un sérieux exercice de conscience, compte tenu de ces nombreux dysfonctionnements. « L’administration ivoirienne et les personnes dites fictives ont une responsabilité partagée, juge le syndicaliste. Nous pouvons dire qu’il y a eu un manque de contrôle, un manque de verrouillage du système, pour permettre de vraiment filtrer ceux qui rentrent dans la fonction publique. A partir d’aujourd’hui, l’Etat doit prendre toutes les dispositions pour ne pas qu’une telle situation arrive encore. »

Le ministre promet une réforme en profondeur, qui consistera à la fois à poursuivre la traque des emplois fictifs et à changer d'état d'esprit pour rendre l'administration publique ivoirienne plus efficace.

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