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Afrique du Sud, Vatican

Afrique du Sud: Benedict Daswa, un opposant à la sorcellerie béatifié

Benedict Daswa sera le premier Sud-Africain à être béatifié.
Benedict Daswa sera le premier Sud-Africain à être béatifié. http://benedictdaswa.org.za/

Pour la première fois, ce dimanche, l’Eglise catholique béatifie un Sud-Africain : Benedict Daswa, un enseignant très pieux, mort en martyr en janvier 1990. Il avait remis en cause les croyances traditionnelles, et dénoncé les «assassinats rituels» visant les personnes accusées de sorcellerie.

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Toute sa vie, Benedict Daswa n’a jamais fait mystère de son opposition aux rituels magiques et à la sorcellerie. Des croyances très ancrées, aujourd’hui encore, dans la société rurale sud-africaine. Né en juin 1946 dans le petit village de Mbahe, dans la province du Limpopo, Benedict Daswa ne s’est converti que tardivement au catholicisme.

C’est lors d’un voyage à Johannesburg à 17 ans, qu’il se lie d’amitié avec un groupe de jeunes catholiques, et décide de recevoir le baptême. Après ses études, Benedict Daswa devient enseignant, avant d’être nommé directeur de l’école primaire de Nweli, où il travaillera jusqu’à sa mort. Il est également un leader communautaire respecté, ce qui lui vaut aussi quelques jalousies.

Opposition à la magie et à la sorcellerie

Mais ce sont surtout ses prises de position contre les superstitions des villageois, qui font naître la rancoeur contre lui. Ainsi, en 1976, l’équipe de football de Benedict Daswa perd plusieurs matchs d’affilés. Les membres de la communauté suggèrent alors de consulter un Sangoma, un guérisseur traditionnel, pour comprendre la cause de ces échecs répétés. Mais Benedict Daswa s’oppose fermement à cette démarche. Mis en minorité, il finit par quitter l’équipe de football pour en fonder une nouvelle, avec les joueurs qui l’ont soutenu.

Quelques années plus tard, en 1989, la région est touchée par de violents orages. La foudre tombe même sur plusieurs maisons qui prennent feu. Le chef traditionnel local et son conseil décident alors de consulter un Sangoma, pour retrouver la « sorcière » ou le « sorcier » à l’origine de ces incendies. En procédant à un « assassinat rituel », la communauté espère mettre fin à ces drames répétés. Mais une fois de plus, Benedict Daswa se dresse contre les croyances des villageois, en refusant de payer le guérisseur traditionnel. Il tente de leur expliquer qu’il s’agit d’un phénomène naturel, tout en mettant en avant sa foi catholique qui lui interdit d’être mêlé à tout ce qui touche à la sorcellerie.

Assassiné par les villageois

Le 2 février 1990, alors qu’il rentre chez lui, Benedict Daswa tombe dans une embuscade. Sur la route, il est stoppé par une barricade de branches et de rochers. Lorsqu’il descend de sa voiture pour dégager la voie, une pluie de pierres s’abat sur lui. Pris en chasse par une foule en colère, Benedict Daswa finit par trouver refuge dans une maison toute proche. Mais la propriétaire, terrifiée, finit par le livrer à la foule. Tiré hors de sa cachette, Benedict Daswa est alors battu à mort avec un gourdin. Ses assaillants lui versent même de l’eau bouillante sur le visage, pour s’assurer de son décès.

Malgré plusieurs arrestations, l’affaire est finalement classée sans suite, faute de preuves. A ce jour, les assassins de Benedict Daswa n’ont jamais été inquiétés. Même si la famille du martyr dit leur avoir pardonné, l’enquête de l’Eglise catholique a réveillé de vieux souvenirs, et inquiété certains membres de la communauté. Des centaines de témoignages sur la vie et la mort de Benedict Daswa ont été compilés dans un rapport long de 850 pages, qui a conduit à sa béatification. Dimanche, l’enseignant sud-africain deviendra le premier bienheureux d’Afrique Australe, et à terme, l’Eglise catholique espère même créer un sanctuaire dans la région, pour honorer la mémoire de Benedict Daswa.

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