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Arabie saoudite / Algérie / Tunisie

Drame de La Mecque: l'inquiétude laisse place à la colère

Les images de cadavres de pèlerins entassés et recouverts d'un simple drap ont beaucoup choqué.
Les images de cadavres de pèlerins entassés et recouverts d'un simple drap ont beaucoup choqué. REUTERS/Stringer

Selon les derniers bilans provisoires, les musulmans africains ont payé un lourd tribut dans la bousculade qui a endeuillé jeudi le pèlerinage à La Mecque, faisant 717 morts et plus de 900 blessés. Après les réactions d'émotion et de tristesse, des critiques à l’encontre de l’organisation saoudienne commencent à se faire jour, notamment en Algérie et en Tunisie.

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Au moins 19 Nigériens ont trouvé la mort dans la bousculade meurtrière de jeudi à Mina, près de La Mecque, et 50 sont portés disparus, ont annoncé les autorités nigériennes. Les autorités saoudiennes n'avaient toujours pas fourni vendredi un décompte par nationalité des 717 victimes du drame. Des médias marocains parlent de 87 morts, le porte-parole du gouvernement du Cameroun évoque une vingtaine de morts, tandis que le Tchad fait état de onze tués.

Selon les autorités du pays, quatre pèlerins algériens font aussi partie des victimes de la bousculade de jeudi. 6 000 Algériens sont en ce moment à La Mecque. Une cellule de crise a été installée au ministère des Affaires étrangères.

C'est à la télévision que cet homme a appris la catastrophe. Lui a fait le pèlerinage deux fois. Il insiste : aller à la Mecque, ce n'est pas dangereux, et cette fois, les autorités saoudiennes sont fautives. « Pour nous, à l'époque, les portes étaient ouvertes, se souvient-il. Alors que cette fois-ci, ils ont fermé les portes. Et ils ont fini par les ouvrir comme s'ils ouvraient à du bétail. »

Il met en cause la gestion de l’Arabie saoudite. « C'est de la faute des Saoudiens, estime-t-il. Ils n'ont pas pensé aux gens à Mina, ils n'ont pensé qu'aux gens qui étaient en train de faire la lapidation et à ceux qui étaient à La Mecque, mais ils n'ont pas pensé aux gens qui venaient de Mina. »

Zinedine, qui a suivi les dernières informations sur les réseaux sociaux, ne décolère pas face à la photo de corps de pèlerins sans vie empilés les uns sur les autres. « C’est une image dégradante, c’est une image horrible, c’est une image insoutenable, s'indigne-t-il. Le voyage coûte pour un Algérien l’équivalent de 8 000 euros. On peut offrir au pèlerin le confort, il faut que le circuit soit balisé. Il faut imposer un quota moins gros que celui-ci. C’est bien connu, quand il y a foule, il y a morts. »

Vendredi, dans l'après-midi, la présidence algérienne a publié un communiqué qui déplore un « tragique incident » et Abdelaziz Bouteflika a adressé ses condoléances au chef d'Etat saoudien.

En Tunisie, des reproches à peine voilés

En Tunisie, la parole est prudente, tant ce pèlerinage, l’un des cinq piliers de l’islam est sacré, mais la critique est bien là. A l'évocation du drame, le regard se baisse et le pas s'accélère pour pénétrer dans la mosquée Baraka de Hammamet. En ce vendredi de l'Aïd, les musulmans tunisiens n'ont pas envie de revenir sur la catastrophe. Sauf Nabil qui accepte à condition de parler à l'intérieur de sa voiture. « La politique de l’Arabie saoudite n’est pas capable d’organiser un tel événement », estime-t-il.

Les reproches d'Ahmed s'entendent dans ses silences. Il commence par invoquer la volonté de Dieu avant de concéder un problème politique. « Chez les musulmans, c'est bien déterminé. Si vous devez vivre jusqu’à 60 ans, vous vivez jusqu’à 60 ans. Après vous mourez ici, par accident, à la maison, tente-t-il de justifier avec fatalisme. Mais peut-être faut-il améliorer les conditions du hadj pour le rendre plus facile. »

Pour l'heure, la Tunisie ne déplore aucune victime dans l'accident de Mina.

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