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RDC

RDC: tension à Kinshasa lors d’une marche de solidarité aux victimes de Beni

Des soldats de la Monusco, le 23 octobre 2014, à Beni.
Des soldats de la Monusco, le 23 octobre 2014, à Beni. AFP PHOTO / ALAIN WANDIMOYI

En République démocratique du Congo, Kinshasa, la capitale, a connu, ce samedi 21 mai une matinée tendue. Plusieurs hommages aux victimes des assassinats en série, à Beni, dans l'est du pays, étaient prévus, ce samedi, à Kinshasa et l'un d'eux a tourné court.

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Plusieurs dizaines de personnes ont été interpellées alors qu'elles se rassemblaient, dans le quartier de Limété pour marcher et remettre un mémorandum à l'Hôtel de Ville. Parmi elles, des responsables de la société civile et de l'opposition. Le rassemblement avait pourtant été dûment autorisé.

Au total, 20 personnes étaient toujours détenues ce samedi soir. Il s'agit d'une interpellation administrative, selon le porte-parole, pour vérifier si ce rassemblement était autorisé ou non. Les autres, parmi lesquels 4 journalistes, ont été libérés.

→ A (RE)LIRE : RDC: un rapport jette le trouble sur les auteurs des massacres de Beni

Parmi les personnes interpellées dans la matinée, se trouvent Albert Moleka, l'ancien directeur de cabinet d'Etienne Tshisekedi, de l'UDPS, mais aussi le président de la plateforme Dynamique Congo Uni (DCU), Vidje Tshimanga Tshipanda, et tout le comité d'organisation ainsi que de simples manifestants, soit un trentaine de personnes au total.

La police assure ne pas avoir été prévenue de la manifestation

« Nous n'avons pas été informés, ni prévenus par les autorités politico-administratives de cette manifestation », explique le porte-parole de la police insistant sur le fait qu'il existe des procédures. « On était en train de se rassembler et ils ont commencé à nous arrêter sans rien demander », rétorque un manifestant.

« J’étais sur place à 9h pour accueillir les marcheurs, relate Vidje Tshimanga Tshipanda, le président de la DCU interpellé dans la matinée, et c’est là qu’on a commencé à se rendre compte que la police n’était pas présente pour, du moins, sécuriser les alentours mais plutôt qu’elle commençait à avoir une attitude un petit peu agressive. Un colonel est venu directement m’appréhender et c’est là que les choses ont commencé à dégénérer, avec quelques petites violences. »

La lettre d’information transmise aux autorités est bien cachetée par toutes les institutions de la République et les organisateurs avaient prévenu que, sur demande du gouvernement provincial, l’itinéraire a été modifié pour éviter l’Assemblée nationale où la commission électorale tient ce samedi une réunion.

« Cette réunion n’a pas pu avoir lieu », insiste le porte-parole de la police, expliquant que les forces de l’ordre étaient d’habitude associées aux discussions sur le tracé.

Le président de la DCU se dit surpris par la tournure des évènements, d'autant plus que la marche n'avait pas de connotation politique. « On ne comprend pas pourquoi il y a eu ce revirement comme ça de but en blanc, déplore-t-il. Il y a une grande déception au niveau de la population qui voulait marcher, manifester sa solidarité avec la population de Beni. Et de l’autre côté, il ne faut pas se voiler la face, il y a ce sentiment de colère, de rancœur envers le gouvernement et cette impression de complicité, parce que si on refuse que le peuple puisse marcher en soutien aux populations qui sont martyrisées à l’est du pays, c’est qu’il y a anguille sous roche. C’est comme ça que réfléchit mécaniquement la population. »

Pourquoi arrêter les gens ? Ils ont arrêté beaucoup de gens qui voulaient manifester ! Même la police. Leur rôle c’est de sécuriser le peuple, alors c’est quoi ça ? C’est pour ça que je dis à la communauté internationale de regarder ce qui se passe dans notre pays. Ce n’est pas normal. Moi j’étais venu pour manifester mon soutien à mes sœurs, frères, les enfants qui sont en train de mourir tous les jours. (…) Où sont les droits de l’homme ? Est-ce que vous voyez ce qui se passe dans le pays ? Vraiment ça fait mal, ça fait tellement mal.

La place de la statue de Lumumba près de l'échangeur de Limete.
La place de la statue de Lumumba près de l'échangeur de Limete. RFI/Sonia Rolley

Les massacres de Beni ont fait plusieurs centaines de morts et de blessés, depuis un an et demi, dans des attaques attribuées aux rebelles ougandais ADF. La société civile de Beni avait décrété, cette semaine trois jours de deuil et l'armée congolaise ainsi que la Monusco ont lancé une nouvelle opération, samedi dernier, pour tenter de mettre fin aux violences.

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