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Royaume-Uni / UE / Afrique

Brexit: l'Afrique du Sud et le Zimbabwe seront affectés

Une rue de Harare, capitale du Zimbabwe.
Une rue de Harare, capitale du Zimbabwe. Wikimedia Commons

Plusieurs dirigeants du continent africain ont, dans la foulée des résultats, assuré leurs concitoyens de la résilience de leurs économies et de leurs institutions financières. Il n’empêche, le rand sud-africain a dévissé de 7%, sa plus forte chute depuis la crise financière de 2008. Le rand est la monnaie la plus affectée par le Brexit après bien sûr la livre sterling… Par ricochet, le Zimbabwe voisin, qui se relève péniblement d’une sécheresse historique et qui traverse une grave crise de liquidité, devrait également souffrir.

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Le rand est déjà au plus bas en Afrique du Sud. Conséquence immédiate ce vendredi matin 24 juin de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le rand a perdu 8% de sa valeur face au dollar. Les économistes craignent avant tout une chute supplémentaire de la devise sud-africaine, déjà faible. Cela aurait un impact immédiat sur les importations et donc sur l’inflation. L’Afrique du Sud importe plus qu’elle n’exporte : alimentation, automobile, produits finis. Avec une devise faible, les prix vont s’envoler.

→ Relire: la chute du rand et les difficultés de l’économie de l'Afrique du Sud

A plus long terme, les économistes s’inquiètent des échanges commerciaux. L’Europe est le partenaire commercial numéro un de l’Afrique du Sud et les accords avec la Grande-Bretagne vont devoir être renégociés. Certains parlent déjà d’un recul de 0,1% de la croissance sud-africaine. Sauf que les prévisions de croissance sont déjà mauvaises : à peine 0,6% pour 2016. Une incertitude supplémentaire pour une économie qui est déjà au bord de la récession.

« 10% de nos échanges commerciaux se font avec la Grande-Bretagne, explique Ian Cruickshanks, économiste et analyste. C'est un important partenaire économique pour l'Afrique du Sud. S'il y a moins d'activité économique en Grande-Bretagne, il y aura moins d'opportunité pour l'Afrique du Sud. La Grande-Bretagne est aussi un point de passage pour l'importation et l'exportation de biens en Europe. Donc cela fait une grosse différence pour nous. En plus de cela, Londres est une source majeure de capital pour l'Afrique du Sud : que ce soit des investisseurs qui viennent investir en Afrique du Sud, ou sur les marchés financiers. Une partie des échanges qui se font à la Bourse de Johannesburg émanent de la Bourse de Londres. S'il y a moins d'échanges là-bas, ce sera encore plus difficile pour l'Afrique du Sud d'attirer des investisseurs et cela aura un impact négatif sur nos échanges commerciaux. »

Les Zimbabwéens d'Afrique du Sud enverront moins d'argent au pays

Etroitement lié à l'économie sud-africaine, le Zimbabwe devrait être tout aussi affecté par cet événement sans précédent. Au moins un million de Zimbabwéens résident en Afrique du Sud et ils sont nombreux à envoyer chaque mois l’équivalent de cent dollars à leurs proches restés au pays. Résultat de la mauvaise santé économique sud-africaine, les Zimbabwéens, en bout de chaîne de l’autre côté de la frontière, reçoivent moins de dollars américains.

Le Zimbabwe pour rappel a abandonné sa monnaie nationale en 2009 pour privilégier le billet vert. « En valeur, les versements de mes clients en Afrique du Sud vers des foyers zimbabwéens ont chuté de 15 à 20% au cours des dix derniers mois, et le Brexit ne devrait rien arranger », a confié, à l’aise avec la litote, un responsable d’une société de transfert d'argent basé au Cap. Le dévissage de la livre sterling britannique devrait aussi pénaliser les versements des centaines de milliers de Zimbabwéens installés en Grande-Bretagne. Et leurs versements mensuels sont plus importants. Ils oscillent entre 200 et 500 dollars.

Sur 15 millions de Zimbabwéens, trois millions vivent à l’étranger. Ils versent chaque année à leurs proches l’équivalent de deux milliards de dollars, selon une estimation haute, soit la moitié du budget annuel du pays.

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