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RDC / France / Etats-Unis

La RDC sous la pression internationale

Des opposants lors de la manifestation à Kinshasa, le 19 septembre 2016.
Des opposants lors de la manifestation à Kinshasa, le 19 septembre 2016. AFP/EDUARDO SOTERAS

La liste noire américaine s'allonge avec ces nouvelles sanctions financières adoptées par Washington contre deux responsables congolais. Deux généraux, proches du président Kabila, accusés de saper le processus démocratique dans le pays. Et la RDC est décidément sous pression internationale puisque le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a déclaré que le pays était « au bord de la guerre civile ». Et d'appeler le chef de l'Etat à ne pas se représenter pour un nouveau mandat.

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Le chef de la diplomatie française a été très ferme. S'il a souligné que la RDC était « un très grand pays, avec énormément de potentiel », il a également estimé qu'il était « au bord de la guerre civile ». Et pour lui, la raison de cette menace est claire : « Il y a un président qui est en place et qui veut garder sa place alors qu'il n'a plus le droit de se représenter. »

Aussitôt, le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende a réagi à ces propos : « Nous ne sommes ni le Soudan du Sud ni La Libye, a-t-il dit à l'AFP. Avec Lumumba, nous avons déjà payé » le prix de l'ingérence. Et il a ajouté : « Il y a quelque chose qui se trame contre ce pays. »

Nouvelles sanctions américaines

Une pression internationale qui s’accentue puisque de leur côté, les Etats-Unis ont pris des mesures contre des proches du président Kabila. Le général Gabriel Amisi Kumba, actuel commandant de la 1e zone de défense du pays, et le général John Numbi, ancien inspecteur de la police nationale, ont été placés sur la liste noire par le département du Trésor américain. Ce qui signifie que leurs avoirs aux Etats-Unis sont gelés et qu'il est interdit aux Américains de réaliser des transactions avec eux.

Le général Amisi, ancien chef d'état-major, est accusé d'avoir commandé des unités de l'armée responsables de la répression des manifestations politiques à Kinshasa. Quant à John Numbi, un conseiller influent du chef de l'Etat, il est accusé d'avoir menacé des candidats de l'opposition lors des élections des gouverneurs, en mars dernier, pour les contraindre à se retirer de la course au profit des candidats du pouvoir.

La réaction du ministre congolais de la Défense est sans appel : il accuse Washington de chercher à armer l'opposition. « Il y a longtemps que la position de Washington en faveur de l'opposition congolaise est connue », affirme-t-il. C’est cette partialité qui s'exprime selon lui au travers des sanctions annoncées par les Etats-Unis contre le général Amisi et le général Numbi. « Nous aurions souhaité voir les mêmes sanctions appliquées aux policiers qui commettent des bavures sur les Noirs aux USA », a-t-il poursuivi.

Pour rappel, en juin dernier déjà, le général Kanyama, le chef de la police de Kinshasa, avait été visé par les mêmes sanctions américaines.

L’opposant Moïse Katumbi se réjouit de ces sanctions

L'opposant Moïse Katumbi a été reçu par la FIDH jeudi matin à Paris, en présence de son avocat Me Eric Dupond-Moretti. Selon ce dernier, la rencontre a porté sur la situation politique en RDC après les violences du 19 septembre et la protection que la FIDH accorde à la juge Ramazani, en exil pour avoir dénoncé les pressions qu'elle dit avoir subies pour faire condamner Moïse Katumbi à trois ans de prison en juin dernier. A l'issue de la rencontre, il a réagi aux nouvelles sanctions américaines. Il s'en réjouit mais demande à l'Union européenne de faire de même.

« Je félicite les Américains et je félicite aussi les autorités européennes, a-t-il affirmé. Je crois qu’ils doivent continuer à mettre la pression et surtout à prendre des sanctions, parce que les gens, chez nous, n’ont pas d’armes. Nous on fait des marches pacifiques parce qu’on a besoin que le président Kabila puisse quitter le pouvoir le 19 décembre 2016 (...) On dit "l’union fait la force", on doit respecter la résolution de l’ONU et je crois que l’Europe aussi doit prendre des sanctions le plus vite possible pour sauver un peuple. Aujourd’hui on est 80 millions. Si on laisse le massacre, comme on l’a fait, les gens en train de tuer, voyons voir après combien de personnes on a tué. C’est pourquoi je demande à l’UE, à tout le monde, vraiment, d’aider le peuple congolais. »

Moïse Katumbi se dit toujours déterminé à rentrer à Kinshasa mais dit-t-il « pour le moment nous attendons le dialogue inclusif. Il y aura un deuxième dialogue et je vais rentrer au pays pour y participer. »

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