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Gambie

Gambie: le procès d'anciens agents des services secrets à nouveau reporté

Le tribunal de Banjul.
Le tribunal de Banjul. RFI/Claire Bargelès

Le procès des neuf anciens agents des services secrets sous l’ancien régime de Yahya Jammeh a une nouvelle fois été reporté. Lundi 3 avril, pour la cinquième fois, les accusés de la NIA (National Intelligence Agency) étaient présentés à la juge, notamment pour le meurtre d’un opposant politique. Mais la défense a remis en cause la légitimité de la haute cour à se saisir de ce dossier. Un procès qui n’arrive décidément pas à démarrer et qui est emblématique des difficultés pour le nouveau gouvernement d’Adama Barrow. La transition prendra du temps et en attendant, au sein de la NIA et plus globalement dans toutes les administrations de l’Etat, les fonctionnaires qui travaillaient sous Jammeh sont toujours en poste.

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Les chefs ont changé, mais si on regarde de plus près, les agents restent les mêmes. Que ce soit dans l’armée, du côté des services secrets ou dans les ministères, seuls les plus hauts fonctionnaires ont été remplacés.

Selon Ismaila Ceesay, professeur de sciences politiques à l’Université de Gambie, la transition va prendre beaucoup plus de temps. « Jammeh a été au pouvoir pendant 22 ans ! Et comme tout dictateur, une fois au pouvoir, il s’immisce et contrôle toutes les administrations et les ministères. Et aujourd’hui, avec ce gouvernement qui ne s’attendait pas à gouverner, maintenant qu’ils sont au pouvoir, ils n’ont pas d’autre choix que de maintenir d’anciens agents de Jammeh », analyse-t-il.

Car ce sont finalement les employés moins hauts placés qui connaissent le mieux les rouages des institutions. Difficile de s’en passer du jour au lendemain. « Ces agents plus bas dans la hiérarchie qui font le travail quotidien, ces techniciens dans les ministères, ils savent comment fonctionnent les institutions. Si on les met tous à la porte, et qu’on ne fait entrer que des nouvelles personnes, cela peut faire s’effondrer tout le système administratif », commente le professeur. 

Un pays en mal de compétences

Sans oublier que la Gambie est un petit pays de 2 millions d’habitants. Pas évident de trouver des remplaçants compétents, selon Ismaila Ceesay. « Les capacités humaines sont un problème. A cause des bas salaires en Gambie, les gens ne sont pas incités à venir travailler pour le gouvernement gambien. Et cela prend du temps d’identifier les bonnes personnes et de les recruter », explique-t-il.

Le nouveau président Adama Barrow avait annoncé après son élection vouloir éviter toute « chasse aux sorcières ». Sans compter que certains de ces fonctionnaires ont sans doute aussi fait partie de ses électeurs en décembre dernier.

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