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Sierra Leone

Sierra Leone: le second tour de la présidentielle aura-t-il lieu le 27 mars?

Des Sierra-Léonais devant les affiches du candidat du parti APC (au pouvoir), Samura Kamra, le 24 mars 2018. La Haute Cour  a ordonné samedi à la Commission électorale nationale (NEC) d'arrêter les préparatifs du second tour de la présidentielle.
Des Sierra-Léonais devant les affiches du candidat du parti APC (au pouvoir), Samura Kamra, le 24 mars 2018. La Haute Cour a ordonné samedi à la Commission électorale nationale (NEC) d'arrêter les préparatifs du second tour de la présidentielle. ISSOUF SANOGO / AFP

En Sierra Leone, à moins de 48 heures de la date prévue pour le scrutin, les électeurs ne savent toujours pas si le second tour de l'élection présidentielle aura bien lieu le mardi 27 mars. Samedi, une décision de justice a suspendu provisoirement le vote et les opérations de déploiement du matériel électoral sont à l'arrêt. La mission d'observation de l'Union européenne a tout de même déployé, ce dimanche 25 mars, ses équipes sur le terrain, tout en évitant la question d'un éventuel report lors de son point de presse. La société civile se dit préoccupée par la situation et appelle au maintien du scrutin à la date prévue. Quant aux électeurs, ils sont dans l'expectative. A Freetown, RFI est allée à leur rencontre.

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Au siège du SLPP, principal parti d'opposition arrivé légèrement en tête, il y a de l'électricité dans l'air. Son candidat, Julius Maada Bio, vient de s'exprimer lors d'une conférence de presse : « Le président Koroma est en train de pousser le pays au bord du chaos. Nous ne reconnaîtrons plus sa légitimité en violation de la Constitution après le 27 mars. S l'élection est repoussée, il faudra en assumer les conséquences et le président Koroma comme ses collaborateurs en porteront l'entière responsabilité. »

Jeffrey Moijueh, du bureau national, précise d'un ton martial : « Nous sommes prêts et s'ils tentent d'arrêter le processus électoral, nous allons faire appel à nos militants. Les gars ont été entraînés pour ça. Nous pensons que la justice va rejeter cette plainte. Mais si ce n'est pas le cas, nos militants vont sortir en force ! »

Décision de la Haute cour attendue de lundi

L'ambiance est bien plus calme au siège de l'APC où même les sachets d'eau sont aux couleurs du parti au pouvoir. Le chef de sa branche étudiante Alusine Tholley plaide pour un report du scrutin : « Nous pourrions mener une enquête et vérifier les bulletins votes un par un. Je suis sûr que cela prouvera que l'APC a réuni plus de votes que l'ensemble des partis réunis. Mais ce n'est pas ce que disent les résultats annoncés par la commission électorale, c'est ça qui risque de provoquer le chaos ! »

Si l'opposition menace dorénavant de faire appel à la rue, la société civile appelle au calme et au maintien du second tour demain. La Haute cour de Justice doit étudier ce lundi midi la demande de référé devant la Cour suprême déposée par un membre de l'APC et décider de reprendre ou non l'organisation du scrutin.

La rue entre inquiétude, patience et impatience

Qu'en pensent les habitants de la capitale ? Election ou pas, ce dimanche ressemble aux autres et il y a foule sur Aberdeen beach, la plus grande plage de Freetown.

« J'adore le foot, c'est pour ça que je viens tous les dimanches faire de l'exercice sur plage, pour garder la forme ! », dit Mohammed Kamara, maillot sur les épaules et crampons aux pieds. Il fait des jongles. Il est étudiant et un peu déboussolé par la nouvelle.

« La situation est vraiment confuse. Certains disent qu'il peut y avoir des affrontements entre le SLPP et l'APC, d'autres disent qu'il n'y aura pas de violences... On entend plein d'histoires différentes. L'économie risque d'être ralentie à cause de l'incertitude. Certaines personnes sont juste inquiètes mais d'autres ont vraiment très peur », ajoute-t-il.

Fatima Touray sort tout juste du travail. Elle est journaliste et dans sa rédaction personne ne s'attendait à un tel coup de théâtre.

« Les gens sont impatients. Ils veulent savoir qui sera le prochain président. Tous les regards sont tournés vers la Commission électorale et la Haute Cour. On ne sait pas quand l'élection aura lieu, mais on espère qu'elle se tiendra bel et bien mardi, car c'est ce que les gens attendent », précise-t-elle.

Interrompu en plein footing, Abdoulaye Cissé se montre plus pragmatique. « Je pense que si on reporte l'élection, tout le monde sera content, car il y aura plus de crédibilité. Si on le fait maintenant, les partis politiques risquent de contester le processus électoral. On peut attendre ! Faire les choses dans la précipitation, ça crée toujours des problèmes », estime-t-il.

[Reportage] Etat d'esprit à Freetown après la suspension du second tour de la présidentielle

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