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Madagascar / Présidentielle

Présidentielle à Madagascar: un second tour au goût de revanche

Débat télévisé entre les deux candidats à la présidentielle malgache, Andrey Rajoelina et Marc Ravalomanana le 9 décembre 2018.
Débat télévisé entre les deux candidats à la présidentielle malgache, Andrey Rajoelina et Marc Ravalomanana le 9 décembre 2018. Mamyrael / AFP

Plus de dix millions d'électeurs malgaches sont appelés aux urnes ce mercredi 19 décembre pour élire leur prochain président. Pour ce second tour, ils ont le choix entre deux ex-présidents, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina.

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Les quelque 25 000  bureaux de vote ont ouvert à 6h (3h TU) et ferment à 17h (14h TU) ce mercredi.

En lice depuis le premier tour du 7 novembre, deux anciens chefs d'Etat, Andry Rajoelina, âgé de 44 ans, et Marc Ravalomanana, 69 ans. Les deux candidats ont obtenu respectivement plus de 39 % et 35 % des voix au premier tour.

Ravalomanana-Rajoelina : deux ex-présidents à la reconquête de leur pays

Les deux candidats sont au coude à coude, ils ont passé ces dernières semaines à sillonner le pays pour tenter de convaincre les indécis et les abstentionnistes qui étaient près de 45 % au premier tour.

Mardi, l'ambiance était très calme à Antananarivo car il s'agissait de la journée du silence, la campagne s'étant achevée lundi à minuit.

Les protagonistes de la crise de 2009

La campagne s'est passée dans le calme, malgré une forte animosité entre les deux hommes forts de la politique malgache. La société civile regrette que cette rivalité ait dominé la campagne. Il y a eu beaucoup de dénigrement de part et d'autres, estime Aimée Ratsimbazafy de l'organisation d'éducation des citoyens KMF-Cnoe. Elle regrette également certaines pratiques des candidats.

On nous a rapporté la distribution de produits de première nécessité, du riz, du savon, de l'huile, par les supporters des deux candidats.

Ecoutez Aimée Ratsimbazafy, de l'organisation d'éducation des citoyens KMF-CNOE

La Conférence des évêques de Madagascar a appelé les candidats à respecter les résultats à venir, même s'ils ne sont pas en leur faveur afin d'éviter une crise post électorale comme la Grande Ile en a souvent connu.

Il faut dire que les deux candidats sont des protagonistes de la dernière crise qu'a connu le pays en 2009. Il y a neuf ans, le président Marc Ravalomanana était contraint de démissionner après des manifestations violentes. Son rival, Andry Rajoelina, était ensuite installé à la présidence par l’armée. Aujourd’hui, l’animosité entre les deux hommes est forte. Lors des derniers débats télévisés, ils n’ont cessé de se lancer des phrases assassines, s’accusant de corruption, d’incompétence ou d’autoritarisme.

Pour le chef de la mission de l'Union européenne, Cristian Preda, moins de moyens financiers ont utilisés pour cette campagne du second tour et il y avait plus de substance dans les débats télévisés. En visite à Tuléar, dans le sud-ouest de l'île, celui qui dirige une centaine d'observateurs a néanmoins rappelé que cette région soulevait quelques inquiétudes.

Ce qu'on craint, c'est ce qu'on craignait aussi avant le premier tour. C'est que les candidats, au lieu d'attendre le travail des institutions qui gèrent le processus électoral, s'autoproclament vainqueurs.

Ecoutez Cristian Preda, chef de la mission d'observation de l'Union européenne

Des Malgaches désenchantés

Les Malgaches, eux, sont pour la plupart désenchantés, coincés au milieu de cette rivalité. Ils n’ont d’ailleurs cessé d’en faire les frais puisque leur niveau de vie n’a fait que baisser ces dix dernières années et aujourd’hui, 90% du pays vit sous le seuil de pauvreté.

Je veux juste un travail pour pouvoir subvenir à mes besoins et ceux de ma famille.

Quelles sont les attentes des habitants d'Antananarivo ?

Les deux candidats affirment avoir changé, ils ont fait beaucoup de promesses. Ont-ils convaincu ? Le taux d’abstention du scrutin de ce mercredi le dira. En tout cas, à Antananarivo, tout le monde espère qu'ils ont mûri et que le perdant acceptera sa défaite.

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