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Rwanda

Rwanda: bataille sur les chiffres de la pauvreté

Un enfant en train de mendier à Kigali, au Rwanda. (Image d'archives)
Un enfant en train de mendier à Kigali, au Rwanda. (Image d'archives) JOSE CENDON / AFP

Faut-il croire les chiffres de l'Institut national de statistiques du Rwanda sur la pauvreté ? La Banque mondiale continue de soutenir l'organisme et annonce une nouvelle enquête conjointe. Pourtant, depuis plus de quatre ans, l'institution de Bretton Woods est accusée par des chercheurs indépendants et d'anciens employés d'être complice d'une manipulation des chiffres.

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La querelle porte sur l'évolution des chiffres de la pauvreté au Rwanda. Officiellement, selon Kigali et la Banque mondiale, ce taux est passé de 45% en 2010 à 39% en 2014, mais ce n'est pas l'avis de chercheurs indépendants.

En 2015, c'est l'historien Filip Reyntiens qui avait été le premier à mettre en cause ces chiffres et la méthodologie employée, pointant des modifications dans le mode de calcul du panier de la ménagère rwandaise. Mais, depuis, plusieurs articles ont été publiés par d’autres chercheurs dans la Revue de l'économie politique africaine (ROAPE- The Review Of African Political Economy).

Il a fallu attendre trois ans pour que la Banque mondiale se décide à répondre. En septembre 2018, l’organisation de Bretton Woods pensait même mettre un terme à la polémique avec une étude intitulée « Réviser les chiffres de la pauvreté au Rwanda ». Mais les chercheurs pointent à nouveau des manquements dans ces explications et insistent sur leur point de vue : l’Institut rwandais de statistiques a changé son mode de calcul.

La pauvreté n’aurait pas baissé mais augmenté au Rwanda en raison notamment de la politique agricole. Et la Banque mondiale serait complice de cette manipulation : « La banque doit répondre », interpellait sur Twitter l’un de ses anciens vice-présidents, Martin Ravallion.

Aussitôt dit, aussitôt fait : dans son communiqué, l’institution continue de soutenir la validité des chiffres présentés par Kigali mais reconnaît, cette fois , des « incohérences » qui mériteraient « des recherches supplémentaires ».

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