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Mauritanie

[Reportage] Est de la Mauritanie: les jihadistes toujours dans les mémoires

Des méharistes de la garde nationale mauritanienne à Nema dans le sud-esy de la Mauritanie le 23 novembre 2018.
Des méharistes de la garde nationale mauritanienne à Nema dans le sud-esy de la Mauritanie le 23 novembre 2018. AFP Photos/Thomas SAMSON

En Mauritanie, la campagne présidentielle très marquée par le thème de la sécurité se poursuit. Le pays n’a pas connu d’attaque terroriste depuis neuf ans, mais il reste sur ses gardes, notamment dans une partie de l’Est, qui est une région à régime spécial.

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Wadiniti est un petit village situé sur une passe dans les montagnes du Dhar. En 2010, c’est par là que des terroristes venus du Mali sont passés pour attaquer la région militaire de Néma, à 150 kilomètres de là. Cheikh ould Dadiouh, le chef du village se souvient : « Il était 10 h du matin, quand on a vu des voitures qui descendaient la passe. Ils ont pris la direction de l’Est. On a tout de suite prévenu Walata, Nema et Nouakchott avec un téléphone satellite. Les autorités ont envoyé du secours, mais les terroristes étaient déjà à l’Est. Le soir même, ils ont attaqué Nema. »

Aujourd’hui, la région du Dhar fait partie des deux zones du pays à régime spécial, c’est-à-dire, gérées et particulièrement surveillées par l’armée. Saleck ould Moihade est éleveur. Il revient de la transhumance et s’estime en sécurité : « Cette année, je suis parti tout à l’Est, presque jusqu’à la frontière du Mali, à 200 kilomètres d’ici. Là où j’étais, c’est la paix. Je n’ai rien vu, rien entendu de suspect. Tout se passe normalement. Il y avait du monde sur la route. C’est surtout ma tribu, mes proches, qui font la transhumance sur cette route. »

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Abidine a 18 ans. Il aide son père à garder le troupeau. Mais Abidine n’aime pas la transhumance : « On reste dans les environs, on ne part pas loin. Parfois, on s’éloigne, mais c’est rare parce qu’on a peur des jihadistes. Moi, je veux juste étudier le Coran et c’est tout. » L’attaque de Nema est la dernière qu’a connue la région d’Hod Charghi. Elle n’a fait aucune victime.

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