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Soudan / Libye / Centrafrique

Le Soudan ferme ses frontières avec la Centrafrique et la Libye

Le Soudan est un carrefour clé pour les routes migratoires qui connectent l'Afrique de l'Est et l'Afrique de l'Ouest à la Méditerranée et à l'Europe.
Le Soudan est un carrefour clé pour les routes migratoires qui connectent l'Afrique de l'Est et l'Afrique de l'Ouest à la Méditerranée et à l'Europe. Getty Images/ Robert Caputo

Le Soudan a ordonné la fermeture de ses frontières avec la Centrafrique et la Libye. C’est le Conseil souverain, l’organe qui dirige la transition, qui a pris cette décision en parlant de dangers économiques et sécuritaires. Les frontières de la région sont poreuses et servent depuis longtemps aux trafics de marchandises, de drogue, d’êtres humains ainsi qu’à l’immigration illégale.

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Les fermetures de frontières ne sont pas rares dans cette région utilisée par les criminels, trafiquants et passeurs en tout genre. De nombreuses armes et mouvement rebelles transitent par là. Mais c’est la première fois que Khartoum prend une telle décision depuis la chute du président Omar el-Béchir en avril dernier.

Pour autant, les explications ne sont pas claires. Le Conseil souverain a parlé de véhicules ayant illégalement traversé la frontière, provoquant des dangers économiques et sécuritaires. Cette fermeture fait en tout cas suite à une réunion entre le Conseil souverain et le gouvernement régional du Darfour, région de l’ouest du Soudan en guerre depuis une quinzaine d’années.

Lutte contre le terrorisme

Pour certains, Khartoum pourrait ainsi vouloir empêcher des rebelles darfouris d’aller s’entraîner ou s’équiper dans les pays voisins. Certains ont même dans le passé rejoint des mouvements étrangers, comme celui du maréchal libyen Khalifa Haftar.

Le chercheur Cameron Hudson lui fait le lien avec un communiqué du département d’État américain paru ce jeudi et passé inaperçu. Washington avertit que des groupes terroristes sont présents au Soudan et pourraient menacer les Occidentaux. Or dans le même temps, les Soudanais poussent pour que les États-Unis retirent leur pays de la liste des nations soutenant le terrorisme, ce qui pénalise son économie.

Dans ce cas, lutter contre l’insécurité pourrait aider le Soudan à marquer des points dans ce dossier, alors que le moindre acte terroriste pourrait maintenir les sanctions pendant des années.

Frontières poreuses

Les frontières entre Soudan, Centrafrique et Libye sont poreuses depuis longtemps. Elles constituent des routes migratoires pour rejoindre la Méditerranée et l’Europe. Le Soudan servant de carrefour entre l’Afrique de l’Ouest et la Corne. Mercredi encore, les autorités ont annoncé l’arrestation d’une douzaine de trafiquants et de 120 migrants illégaux.

Les deux frontières sont aussi source de conflits tribaux. Notamment les Toubous du sud libyen contre des groupes arabes. Ou encore les fermiers de Vakaga en Centrafrique, face aux éleveurs du sud Darfour. Ces derniers ont d’ailleurs conclu un accord en juin pour mettre fin aux violences.

Trafics en tout genre

Les États ayant du mal à contrôler cette zone, propice au trafic de marchandises diverses, de drogue, mais surtout d’armes. Les rebelles centrafricains se fournissent notamment au Darfour, région de l’ouest du Soudan en proie à une guerre civile depuis une quinzaine d’années.

Les groupes armés darfouris ont d’ailleurs souvent trouvé refuge dans le sud libyen depuis que le Tchad ne les parraine plus et que le Soudan du Sud est en guerre. Selon Khartoum, au moins 1 500 rebelles ont notamment rejoint les rangs du rebelle libyen Khalifa Haftar. La Libye leur sert ainsi de base arrière où ils peuvent être payés comme des mercenaires, mais aussi s’adonner au pillage.

Enfin le Soudan craint un retour de ses extrémistes religieux qui ont notamment fui la région de Syrte où ils combattaient dans les rangs de l’organisation État islamique. C’est en partie pour ces raisons que le Soudan avait mis sur pied la force paramilitaire FSR, dont les hommes se sont souvent transformés en criminels et trafiquants.

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