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RDC

RDC: quatre banques de développement visées par Human Rights Watch

Un agriculteur congolais cultive sa terre, aux abords du fleuve Congo, le 19 juillet 2017 à Kinshasa (photo d'illustration).
Un agriculteur congolais cultive sa terre, aux abords du fleuve Congo, le 19 juillet 2017 à Kinshasa (photo d'illustration). AFP/John Wessels

Elles sont dénoncées par l'ONG pour leurs investissements dans les plantations de Feronia et sa filiale, les plantations et huileries du Congo. Il s'agit des banques BIO de Belgique, DEG d'Allemagne, FMO des Pays-Bas et CDC de Grande-Bretagne. Le constat, c'est que depuis que ces banques européennes de développement ont investi il y a cinq ans, cette société ne respecte pas les lois congolaises et les conditions de vie des employés comme des riverains de ces plantations restent extrêmement dures et leur santé est menacée.

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Trois plantations sont visées. Elles sont situées dans les provinces de la Tshopo, de l'Équateur et de la Mongala et appartiennent à une filiale de Feronia, une société basée à Toronto. Malgré les investissements faits par ces banques européennes de développement, les employés n'ont toujours ni gants et ni bottes pour éviter les morsures de serpent ou d'araignée, et encore moins la tenue de protection nécessaire à l'emploi de produits chimiques et notamment les pesticides, souligne Human Rights Watch.

Cent millions de dollars

La plupart des employés restent payés à la journée et moins de deux dollars par jour, selon l'ONG, ce qui les maintient sous le seuil d'extrême pauvreté. Plus grave encore pour la santé publique, poursuit le rapport, deux de ces trois plantations polluent les cours et points d'eau dans lesquels les riverains boivent, se baignent ou lavent vêtements et ustensiles de cuisine.

Or, depuis 2013, ce sont au moins 100 millions de dollars qui ont été investis par ces quatre banques. La banque anglaise CDC qui est financée par le gouvernement britannique possède même 38 % des parts de Feronia. Sur son site, en tout cas, CDC - qui a participé ces dernières années à une vingtaine de projets au Congo - assure que son investissement dans ces plantations a permis d'améliorer la paie des employés et les conditions de vie des populations riveraines.

►À écouter aussi : Afrique Économie - Développement en Afrique : les Européens contrôlent-ils suffisamment leurs projets ?

Les banques « savent »

Pourtant, depuis septembre, l'ONG de défense des droits de l'homme a partagé ses craintes, en vain. « Nous avons partagé les résultats de nos enquêtes en septembre et leurs réponses, c'était qu'ils étaient au courant de tous les problèmes que nous posions. Ces banques savent par exemple que cette société jette ces déchets industriels et elles le savent depuis qu'elles ont investi. Elles disent simplement qu'elles se sont données comme priorité d'autres investissements à caractère social. Mais ce ne sont pas des manquements qui peuvent attendre. En particulier quand ces déchets contaminent les seules sources d'eau potable de communautés. C'est vrai qu'il y a parfois des mesures qui peuvent attendre, mais si la société a un impératif commercial à retarder la mise en place de ces mesures. Elle est dans l'obligation de mettre en place un plan défini en coordination avec les autorités environnementales congolaises pour se mettre petit à petit en conformité avec la loi. Parce que la manière dont cette société opère ne se fait même pas dans le respect de la loi congolaise », conclut Luciana Tellez-Chavez, chercheuse pour HRW.

Justification des banques

Ces banques ont répondu ce lundi matin dans un communiqué où elles reconnaissent le besoin pour plus d’investissements supplémentaires afin d’améliorer les conditions de travail et l’impact environnemental. Ces banques disent prendre note des manquements soulignés par HRW. Mais elles ajoutent qu’il s’agit d’un projet difficile dans une région extrêmement isolée et pauvre.

On y va régulièrement avec les trois autres banques de développement. Il y a l'expert EIS qui y va aussi tous les ans pour faire un suivi. À notre avis, ce que signale Human Rights Watch, c'est certainement pas la majorité des cas mais plutôt une petite minorité.

Luuk Zonneveld, de la banque de développement BIO répond au rapport de Human Rights Watch (HRW)

Quand elles ont commencé leur financement, la société avait été abandonnée par le propriétaire précédent, 8 000 personnes risquaient de perdre leurs emplois, les salaires étaient beaucoup plus bas qu’aujourd’hui, les habitations des employés étaient délabrées. « Il n’y a pas de solution miracle ou rapide », explique Luuk Zonneveld directeur général de la banque belge de développement Bio. « C'est un travail de très longue haleine. Je crois qu'on a fait de nombreux progrès déjà. Et malheureusement Human Rights Watch nous annonce qu'il y a encore des aspects de ce projet qui sont inaceptables. »

►À écouter aussi : Afrique Économie - Guinée : une huile de palme «durable» pour conquérir les marchés occidentaux

Des explications auxquelles l’organisation des droits de l’homme répond point par point. Notamment sur les salaires et l’environnement. Disant que ces banques doivent exiger plus de compte, de transparence de la part des sociétés dans lesquelles elles investissent. Les quatre banques ont d'ailleurs demandé une enquête au producteur d’huile de palme et lui ont déjà demandé de remédier à d’éventuelles irrégularités. La société emploie environ 11 000 personnes répartis sur une quarantaine de sites.

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