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Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire: la sécurité et la stabilité au cœur de la visite de Macron

Alassane Ouattara et Emmanuel Macron au palais de l'Elysée, le 11 juin 2017. (image d'illustration)
Alassane Ouattara et Emmanuel Macron au palais de l'Elysée, le 11 juin 2017. (image d'illustration) REUTERS/Mal Langsdon

Le président français est attendu en Côte d’Ivoire ce vendredi après-midi, pour une visite d’État de 48 heures. Emmanuel Macron vient principalement renforcer le partenariat sécuritaire et politique entre Abidjan et Paris.

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Dès son arrivée, Emmanuel Macron se rendra sur la base militaire de Port-Bouët, où logent les Forces françaises basées en Côte d’Ivoire, pour le traditionnel dîner de Noël avec des militaires. Les Forces françaises en Côte d’Ivoire, c’est le deuxième plus gros contingent de troupes françaises prépositionnées en Afrique, après celui de Djibouti. Près de 1 100 personnes sont conviées à ce dîner de Noël, les militaires français et leurs familles, mais aussi une délégation de militaires et hauts gradés ivoiriens.

Le choix de la Côte d’Ivoire pour ce traditionnel repas a surpris quelques observateurs, qui s’attendaient après le Tchad en 2018 et le Niger en 2017 à ce qu’Emmanuel Macron partage ce moment avec les troupes de Barkhane à Gao, en première dans la lutte anti-terroriste au Sahel et récemment endeuille. Cela a d’ailleurs été un temps envisagé, précisent des sources à Paris, mais abandonné pour des raisons « logistiques » et symboliques.

Rencontre avec un commando engagé sur l'opération Jebsheim 13

Ce soir, une attention particulière sera tout de même accordée aux soldats engagés dans cette lutte anti-terroriste au Sahel puisqu’avant le dîner, Emmanuel Macron doit s’entretenir avec notamment un groupe commando, engagé sur l’opération Jebsheim 13, le nom de code de la mission tragique qui a couté la mort à 13 soldats de l’opération Barkhane le 25 novembre. Paris insiste également sur le fait que les Forces françaises en Côte d’Ivoire « renforcent régulièrement et ponctuellement » Barkhane au Sahel et constituent un « important pilier dans la stratégie de lutte contre le terrorisme ».

Car à Paris comme à Abidjan, l’inquiétude grandit de voir la Côte d’Ivoire entrer à son tour dans la tourmente jihadiste. Certes, la Côte d’Ivoire n’a pas été touchée par un vaste attentat terroriste depuis celui de Grand-Bassam en 2016 mais elle partage 800km de frontière avec le Mali et le Burkina Faso, longtemps considéré comme le verrou sécuritaire de l’Afrique de l’Ouest mais où la situation ne cesse de se dégrader.

Abidjan dit avoir renforcé ses patrouilles aux frontières, et « salue » la volonté française de « resserrer » la coopération des deux pays sur cette question, en misant notamment sur la « prévention ». Cette visite d’Emmanuel Macron d’ailleurs sera l’occasion de lancer le début des travaux de l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme de Jacqueville près d’Abidjan. Une académie en partie financée par la France. Objectif selon l’Élysée : faire de la Côte d’Ivoire « une plateforme d’élaboration d’une stratégie régionale de lutte contre le terrorisme ».

Inquiétudes sur la présidentielle

Dans ce contexte, l’approche de la présidentielle ivoirienne et les incertitudes qui l’entourent suscitent une « attention accrue » de la part de Paris. « Personne n’a envie de revivre les épisodes qu’on a connus en 2002, 2004 et 2010 », explique une source à l’Élysée. D’autant que « l’équilibre de l’économie sahélienne repose très largement sur la stabilité politique et économique » de la Côte d’Ivoire, précise cette source.

Cette question de la présidentielle à venir en 2020 devrait être abordée lors du tête-à-tête entre les deux présidents samedi, tout comme l’épineux dossier de la réforme du franc CFA que de nombreux pays de la région appellent de leurs vœux.

Visite symbolique à Bouaké

Dimanche enfin, les deux présidents iront à Bouaké, lancer les travaux du futur grand marché, mais aussi rendre hommage aux soldats français tués dans cette ville en 2004 dans des circonstances encore floues. Un épisode, qui avait durablement terni la relation franco-ivoirienne. Le chef de l’État inaugurera notamment une stèle en leur mémoire. En revanche, les habitants de Bouaké rencontrés par RFI se disaient honorés de recevoir autant Emmanuel Macron qu’Alassane Outtara. L’ancienne capitale de la rébellion des années 2000, se dit aujourd’hui considérée comme oubliée par le pouvoir central. Mais pour les partis politiques, cette visite est également l’occasion de faire du bruit.

Les opposants vont se faire entendre

Dès samedi, le PDCI et le FPI, les deux principaux partis d’opposition, organisent un meeting conjoint. Et à ce moment-là, le président français sera dans un quartier voisin en pleine inauguration. Et pour ne rien gâcher, Guillaume Soro, hors du pays depuis plus de six mois et seul candidat déclaré à l’élection présidentielle, a décidé de rentrer dans le sillage d’Emmanuel Macron.

Au total sur le volet économique, une douzaine de contrats devraient être négociés. Les deux présidents doivent notamment finaliser le financement du métro d’Abidjan, énorme chantier de 1,5 milliard d’euros, dont la première pierre fut posée en novembre 2017 et dont les travaux doivent débuter début 2020.

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