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Bénin

Bénin: un journaliste d’investigation condamné à 18 mois de prison ferme

Une rue du centre de Cotonou, la capitale béninoise.
Une rue du centre de Cotonou, la capitale béninoise. RFI/Aurore Lartigue

La justice béninoise a condamné ce mardi un journaliste d'investigation à 18 mois de prison ferme et 200 000 francs CFA d'amende pour des posts sur les réseaux sociaux.

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Le journaliste Ignace Sossou a commencé ce mardi à purger une peine de 18 mois de prison. La justice l’a condamné après une plainte du procureur de la République, qui l’accuse d’avoir sortis de leur contexte des propos qu’il a tenus lors d’un atelier organisé par Canal France International à Cotonou, sur « l’infox ». Ignace Sossou a été jugé en comparution immédiate, cinq jours après son interpellation.

Son avocate estime que les choses sont allées trop vite, ce qui ne lui a pas permis de bien préparer la défense du journaliste. Pour Me Prisca Oboubi, la justice a eu la main lourde et est même allée au-delà de la peine prévue. « C’est déplorable, regrette-t-elle. C’est une peine de 12 mois maximum que prévoit la loi. Où est ce que le juge est allé trouver 18 mois ? C’est cela, le visage que présente la justice béninoise aujourd’hui. » Au cours de sa plaidoirie, l’avocate a insisté sur l’identité du plaignant et insinué que le sort de son client était scellé d’avance.

Être condamné pour trois tweets à 18 mois de prison, oui c’est totalement démesuré. C’est quelque chose qui est inacceptable.

Philippe Couve, président du réseau de journalistes d'investigation

En face, Me Olga Anasside était conseil du Procureur. Elle refuse de reconnaître Ignace comme un journaliste et rappelle à la Cour que le prévenu a déjà été condamné une fois précédemment, à une peine de prison avec sursis. Elle a réclamé contre lui une peine lourde, l’a obtenue et s’en réjouit. « Le tribunal a eu raison de prononcer cette peine. Il faut que les professionnels observent les exigences déontologiques de leur métier pour qu’on n’en arrive pas à des dérives comme celles qu’on a observées. »

Tout est parti d’un exposé du procureur dans un atelier sur « l’infox ». Ignace y a assisté et publié quelques morceaux choisis.

Le procureur a aussitôt contesté et affirmé que les propos avaient été sortis de leur contexte. L’avocate du journaliste a annoncé qu’elle ferait rapidement appel.

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