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Côte d'Ivoire

Côte d’Ivoire: l’opposition dénonce le mandat d’arrêt émis contre Guillaume Soro

L'Assemblée nationale ivoirienne, le 18 décembre 2015, lors d'un discours de son président Guillaume Soro.
L'Assemblée nationale ivoirienne, le 18 décembre 2015, lors d'un discours de son président Guillaume Soro. SIA-KAMBOU / AFP

En Côte d'Ivoire, le mandat d’arrêt émis ce lundi 23 décembre contre l'ex-Premier ministre Guillaume Soro, ainsi que son retour avorté à Abidjan, ont provoqué des réactions souvent outrées des partis d’opposition.

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Dans un communiqué, la plateforme Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix (CDRP), emmenée par l'ex-président Henri Konan Bédié, s'insurge contre les « dérives dictatoriales » du pouvoir ivoirien suite au mandat d'arrêt et au retour avorté de Guillaume Soro à Abidjan.

Les groupes parlementaires PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d'Ivoire) condamnent quant à eux une « énième violation de l’immunité parlementaire en Côte d’Ivoire », à la suite de l'arrestation de cinq députés du camp Soro. De son côté, le Front populaire ivoirien (FPI) dénonce l’usage de la force contre les partisans de l'ancien président de l'Assemblée nationale.

« Nous pensons que les libertés comme celle de se rassembler, ou celle d’aller et venir, sont des libertés fondamentales, qui méritent d’être respectées », souligne Issiaka Sangaré, secrétaire général et porte-parole du FPI.

« Ceci étant, concernant la forme, le mandat d’arrêt international a été mis en oeuvre le même jour, poursuit-il. Il y a donc eu une concomitance entre le retour et la délivrance du mandat d’arrêt. Les autorités estiment qu’il y a un ensemble de faits qui puisse justifier cela. Il y a donc une présomption grave, comme l’a dit le procureur de la République. Et ils sont dans leur droit, en tant qu’autorité, pour mettre en oeuvre une telle procédure. »

« Mais nous, au FPI, nous sommes d’avis que dans cet environnement préélectoral, il faut éviter les situations qui puissent prêter à confusion, ajoute Issiaka Sangaré. Si le mandat avait été émis avant, on aurait pu comprendre. C’est la concomitance qui nous gêne. Mais au-delà, nous attendons les suites de cette procédure. »

Chez les partisans de Charles Blé Goudé, on dit regretter « le recul des libertés individuelles et le manque de démocratie » en Côte d’Ivoire.

Le camp Soro repousse les accusations

Me Affoussy Bamba, l’une des avocates de Guillaume Soro, s’est exprimée ce mercredi 25 décembre au soir sur Facebook. Elle a repris les charges émises contre son client par le régime ivoirien et dénoncé une instrumentalisation de la justice à des visées politiques.

« En ce qui concerne l’accusation fallacieuse de déstabilisation qui reposerait sur un enregistrement audio, Guillaume Kigbafori Soro tient à rassurer les Ivoiriens : il reconnaît une seule déstabilisation, celle du 19 septembre 2002 pour le compte de l’actuel président de la République, Alassane Dramane Ouattara. Ce pourquoi il continue de demander pardon au peuple souverain de Côte d’Ivoire. »

L’ancienne porte-parole des Forces nouvelles est également revenue sur les accusations de détournement de deniers publics. Notamment concernant la maison de Guillaume Soro, achetée à travers une SCI en 2008, lorsqu’il était Premier ministre de Laurent Gbagbo. Cette maison a été mise sous scellé ce mercredi dans l’après-midi. « Aussi convient-il d’inviter Alassane Ouattara à faire preuve de la même clarté et limpidité relativement à certaines opérations financières du Trésor public pour son compte, à la période équivalente. »

Depuis Barcelone, l’ancienne ministre de la Communication a fustigé un mandat infondé et à usage uniquement politique, qui n’a d’ailleurs toujours pas été révélé par la justice. Le procureur de la République doit donner une conférence de presse ce jeudi à 15h.

À lire aussi : Côte d'Ivoire: Guillaume Soro dénonce une «dérive autoritaire» du pouvoir

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