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Guinée-Bissau

[Reportage] Guinée-Bissau: la campagne s'achève dans une ambiance de fête

Des partisans de DSP lors du dernier meeting de leur candidat au stade Lino Correa de Bissau, le vendredi 27 décembre.
Des partisans de DSP lors du dernier meeting de leur candidat au stade Lino Correa de Bissau, le vendredi 27 décembre. SEYLLOU / AFP

Jour de « réflexion » en Guinée-Bissau, avant le second tour de la présidentielle dimanche 29 décembre 2019. Les derniers meetings d'une campagne réussie se sont tenus vendredi. Les couturiers de la capitale sont débordés. Pas de débat politique ce samedi, silence médiatique avant le vote.

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Avec notre envoyée spéciale à Bissau,  Charlotte Idrac

Au stade Lino Correia, une marée humaine rouge jaune vert est venue soutenir le candidat du PAIGC, vendredi en clôture de campagne. Domingos Simoes Pereira (DSP), arrivé en tête du premier tour avec plus de 40% des voix, débarque en meeting sous les youyous. Ses partisans sont survoltés devant la scène géante.

Musiques, danses... ambiance de fête également sur le site de rassemblement des militants de son rival Umaro Sissoco Embalo, venus en masse - à pied, en bus, à l’arrière de pick-up - avec des keffiehs rouge et blanc, comme leur champion, qui a récolté 27,65% des suffrages au premier tour de scrutin le 24 novembre dernier.

La première phase de l’élection s’était bien passée, et c'est bon signe pour Caramba, vendeur de journaux croisé au marché en marge des derniers meetings avant le deuxième tour : « On espère que le président qui gagnera pourra rassembler les Bissau-Guinéens. On a besoin d’unité pour sortir du marasme. »

►À écouter aussi : La Guinée-Bissau et les limites de la démocratie électorale

La campagne, ça a fait nos affaires. On a beaucoup de travail, ça nous cause même des problèmes

Campagne présidentielle en Guinée Bissau: les couturiers à plein régime

La campagne bissau-guinéenne s’acheve dans le calme, après des décennies d’instabilité politique. Les militants des deux camps se sont largement investis dans le processus, arborant tenues, drapeaux, foulards et autres tentures aux couleurs de leur candidat. Impossible de se tromper, chaque camp a ses couleurs.

Dans l'atelier Nitchon, les machines à coudre tournait encore à plein régime ces derniers jours, le sol jonché de coupons de tissus. « Je finis ça pour un client, il ne va pas tarder. J’ai beaucoup de commandes, je travaille de 6h30 à 23h », confie Souleye, ruban autour du cou, concentré sur la confection d’une banderole.

Ce qui marche le mieux ici, ce sont les tuniques à l’effigie des deux candidats, rapporte Honorio Cissé, tailleur, qui en propose toute une collection. « Normalement, c'est 10 000 francs CFA. Mais ici, avec les crises, l’économie c’est difficile, les gens n’ont pas les moyens. On fait des promotions à 7 000 francs. »

Il dit en avoir vendu 10 000 depuis le début de la campagne présidentielle. Douze personnes travaillent habituellement dans cet atelier. Depuis des semaines, les tailleurs sont à flux tendu. « La campagne a fait nos affaires, on a beaucoup de travail, confirme Honoré Cissé. Ça nous cause même des problèmes », dit-il.

L'atelier Nitchon, à Bissau.
L'atelier Nitchon, à Bissau. RFI / Charlotte Idrac

À Bissau vendredi, dans les fumées des barbecues et sous les hauts-parleurs, les militants de chaque camp se disaient confiants. Au PAIGC, parti qui domine la vie politique du pays depuis l’indépendance, M. Pereira promet la stabilité et met en avant un programme solide dédié au développement et aux investissements.

Pour le camp du Madem G15 en revanche, première formation d’opposition au Parlement, le parti historique bissau-guinéen a fait son temps. Les soutiens d'Umaro Sissoco Embalo dénoncent un système, la corruption, et comptent sur le report des voix des candidats malheureux du premier tour vers leur champion.

Devant une passoire remplie de crevettes, au marché central de Bissau, Ndingue Nanque pianote sur son téléphone en attendant des clients. Sa voisine est vendeuse de légumes et évoquent, comme priorité pour le prochain président, « les femmes, les enfants, la santé, les hôpitaux, les infrastructures ».

Mais l'espoir de la jeune femme de 29 ans, elle, c'est de reprendre ses études d’ingénierie informatique. « C'est difficile de faire des études ici, explique-t-elle. On étudie deux mois, trois mois, et puis c’est interrompu à cause des grèves. Et il n’y a pas d’université publique, il faut payer pour aller dans le privé. »

On espère que le président qui gagnera pourra rassembler les Bissau-Guinéens. On a besoin d’être unis pour sortir du marasme.

Les nombreuses attentes des Bissau-Guinéens à l'approche du second tour

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