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Guinée-Bissau

Guinée-Bissau: les électeurs choisissent leur nouveau président

Deuxième tour de la présidentielle en Guinée-Bissau: les assesseurs de ce bureau de vote en plein air à Bissau attendent les électeurs, dimanche 29 décembre 2019.
Deuxième tour de la présidentielle en Guinée-Bissau: les assesseurs de ce bureau de vote en plein air à Bissau attendent les électeurs, dimanche 29 décembre 2019. rfi/Charlotte Idrac

Abonnée aux crises politiques depuis son indépendance en 1973, la Guinée-Bissau choisit ce dimanche son nouveau président. Quelque 760 000 électeurs ont été appelés aux urnes pour départager deux candidats, Domingos Simoes Pereira du PAIGC, parti historique arrivé en tête du premier tour, loin devant Umaro Sissoko Embalo du parti Madem G-15, arrivé en deuxième position.

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Tout au long de la matinée, le scrutin s'est déroulé dans le calme. Les bureaux de vote visités par RFI ont ouvert à l'heure, sans incidents. A la mi-journée, au moment où il a commencé à faire très chaud, certains bureaux qui étaient en plein soleil se sont déplacés à l'ombre. Dans ceux visités, la participation avoisinait déjà, à midi, 50 % des inscrits. A ce stade, la mission d'observation de l'Union africaine et celle de la Cédéao, dirigée par l'ancien Premier ministre malien Soumeylou Boubèye Maïga, se disent satisfaites du déroulement du scrutin, du civisme observé et de la mobilisation des électeurs.

« Le premier bilan est positif. 99 % des bureaux avaient ouvert à l’heure. Les petits incidents qui ont pu retarder l’ouverture de certains bureaux ont été rapidement corrigés et puis je constate la même mobilisation car autour de 11h00, tous les bureaux que nous avons visités enregistraient déjà autour de 50 % de taux de participation », a déclaré, à RFI,  Soumeylou Boubèye Maïga, ancien Premier ministre malien qui conduit la mission d’observation électorale de la Cédéao.

« Je pense que tout le monde a conscience que ces élections-là constituent une sorte de consécration pour l’engagement, et de la Cédéao et des acteurs politiques bissau-guinéens, pour que le pays retrouve un début d’ancrage solide du processus démocratique, de la culture démocratique », a-t-il ajouté.

Ouverture des bureaux de vote

Le jour se levait à peine que, à la lueur des lampes de poche, les agent(e)s de la commission électorale avec leurs gilets jaunes s'installaient à leur poste. Une table, deux chaises, une urne en plastique, un isoloir en carton… Tout cela, sur le trottoir. La plupart des bureaux de vote sont à l’extérieur, dans la rue, avec le palais présidentiel décoré pour Noël en toile de fond, rapporte notre envoyée spéciale. Sapin et néons…

Une petite file d’électeurs matinaux s’est formée et on voit au sol des pierres, des gobelets ou des boîtes de conserve, système imparable pour garder sa place dans la queue.

Des petits cailloux pour marquer sa place dans la file d'attente au bureau de vote: le deuxième tour de l'élection présidentielle se tient ce dimanche 29 décembre.
Des petits cailloux pour marquer sa place dans la file d'attente au bureau de vote: le deuxième tour de l'élection présidentielle se tient ce dimanche 29 décembre. RFI/Charlotte Cosset

Le président du bureau annonce le nom de l'électeur et son numéro. Les électeurs reçoivent un bulletin avec les photos des deux candidats. Il y a une case à cocher et après cela, les votants trempent leurs doigts dans de l'encre indélébile.

Selon la commission électorale, toutes les conditions sont réunies pour un bon déroulement du scrutin, sous la surveillance aussi des observateurs internationaux, notamment ceux de la Cédéao et de l'Union africaine.

J’ai beaucoup d’espoir que les choses changent, que le futur président pourra garantir la tranquillité, permettre le développement et que le pays puisse avancer.

Le scrutin s’annonce serré entre deux candidats que tout oppose…

Les jeux sont ouverts et l’un des enjeux de ce second tour, c’est bien la participation. Plus de 25 % d’inscrits se sont abstenus au premier tour et cela pourrait donc faire toute la différence pour ce scrutin, qui s’annonce serré entre Domingos Simoes Pereira, arrivé largement en tête du premier tour avec 40,13 % des voix – il a voté près de chez lui, ce matin à Bissau -, et Umaro Sissoko Embalo qui a obtenu 27,65 % des suffrages au premier tour et qui a reçu des soutiens significatifs des candidats malheureux du 24 novembre dernier. Lui est allé voter à Gabu, dans l’est du pays.

Les jeux sont donc très ouverts entre les deux finalistes. L’issue dépendra ainsi, en partie, du report des voix, au-delà des bases de chacun, si les militants des candidats malheureux suivent effectivement les consignes de vote, notamment ceux de Nuno Nabiam, arrivé en troisième position et ceux du président sortant José Mario Vaz, arrivé quatrième. Ce dernier a voté, dans la matinée, près du Palais présidentiel, palais qu’il quittera très bientôt.

Difficile de prévoir l’issue du scrutin

« La Guinée-Bissau manque de deux  éléments fondamentaux pour pouvoir faire des prévisions. D’abord, le recensement de la population ne se fait pas depuis vingt ans et ensuite, nous n’avons pas d’instituts de sondages. Il est donc très difficile de prévoir exactement ce qui va se passer d’autant plus que, dans les derniers jours de la campagne, nous avons assisté à une radicalisation des discours autour des questions religieuses, ethniques et culturelles. C’est donc très difficile de savoir quel sera le comportement des différents votants », a déclaré, à RFI, Carlos Lopes, économiste et Haut représentant de la Commission de l’Union africaine.

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