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Soudan / Justice

Soudan: 27 condamnations à mort après le décès d’un manifestant

Des manifestants soudanais défilent à Khartoum, le 21 octobre 2019.
Des manifestants soudanais défilent à Khartoum, le 21 octobre 2019. REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah

Au Soudan, 27 membres des services des renseignements ont été condamnés à la peine capitale pour le meurtre d’un manifestant. Ils ont été reconnus coupables d’avoir torturé à mort un enseignant en janvier 2019.

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L’affaire date du mois de janvier 2019. La victime, un enseignant de 36 ans, Ahmed al-Kheir Awadh, avait manifesté à Khashm el-Girba, une localité de l'État de Kassala dans l’est du pays. À l’époque les manifestations antirégime venaient juste de commencer et se déroulaient un peu partout dans le pays. Le soir même en rentrant chez lui, cet enseignant a été arrêté. Les services de renseignements lui reprochaient d’être parmi les organisateurs des marches. Il est décédé en détention après avoir été torturé.

Les 27 ont été reconnus coupables de l’avoir torturé à mort lors de sa détention. 11 autres membres de ce même service ont également été condamnés à des peines allant de 3 à 5 ans de prison. Il s’agit des premières condamnations à la peine capitale de membres de ce très redouté service de renseignement et de sécurité, qui a joué un rôle clé dans la répression de ces manifestations.

Un premier pas vers la justice

Ahmed al-Kheir Awadh est une des premières victimes de ce mouvement de protestation qui s’est amplifié au cours des mois. Au total, entre 180 et 250 personnes ont été tuées dans la répression de ce mouvement. Cette condamnation est importante, car c’est la première pour le décès d’un manifestant. Pour les militants des droits de l’homme, c’est donc un premier pas vers la justice afin que ces crimes ne restent pas impunis.

« Il s’agit d’un jugement historique, car ça n’était jamais arrivé sous le régime d’Omar el-Béchir, souligne Ahmed Suliman du Centre africain d’études pour la justice et la paix. Les services de renseignements sont responsables pour des centaines, voire des milliers, de cas de torture et de meurtres. Mais ces gens n’ont jamais été traduits devant la justice, car ils bénéficiaient jusqu’à présent d’une immunité absolue, grâce à une loi sur la sécurité nationale. »

« Auparavant, le pouvoir exécutif n’aurait jamais toléré que de des plaintes comme celle-ci soient portées devant la justice, poursuit Ahmed Suliman. Et même si des membres des services de renseignements avaient été condamnés, jamais la peine n’aurait été appliqué. Cette condamnation est un message très clair pour tous ceux qui ont commis des violations des droits de l’homme. Quel que soit le crime qu’ils ont commis, ou qu’ils pourraient encore commettre, ils auront à répondre à la justice. Une justice soudanaise indépendante. »

Néanmoins, ceux que de nombreux Soudanais voudraient voir devant la justice, ce sont les Janjawid, une milice accusée d’exaction au Darfour. Celle-ci avait été déployée dans Khartoum pour réprimer tous rassemblements. Et ces membres sont notamment accusés du massacre de plus d’une centaine de personnes, le 3 juin, devant le QG de l'armée, dans la capitale soudanaise.

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