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Libye

Cessez-le-feu en Libye: du «progrès» à Moscou mais pas encore d'accord

Conférence de presse du ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu (g) et de son homologue russe, Sergueï Lavrov, à l’issue de la rencontre des deux principaux dirigeants libyens à Moscou.
Conférence de presse du ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu (g) et de son homologue russe, Sergueï Lavrov, à l’issue de la rencontre des deux principaux dirigeants libyens à Moscou. Pavel Golovkin / Pool via REUTERS

Les pourparlers indirects qui se sont tenus ce lundi 13 janvier à Moscou entre les deux principaux protagonistes du conflit libyen, le chef du gouvernement reconnu par l'ONU, Fayez el-Sarraj, et l'homme fort de l'Est, le maréchal Khalifa Haftar, ont permis des « progrès » sans toutefois aboutir à un accord de cessez-le-feu inconditionnel et illimité.

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Avec notre correspondant à Moscou,  Daniel Vallot

À l’issue de cette journée de discussions, du « progrès » a été enregistré, a déclaré, en fin de journée, Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe.

L’accord de cessez-le-feu a été signé par l’un des deux belligérants, à savoir Fayez el-Sarraj, le chef du gouvernement de Tripoli mais le maréchal Haftar a, pour sa part, demandé un délai de réflexion. L’homme fort de l’Est libyen se donne jusqu’à mardi matin pour apposer sa signature en bas du texte.

Le document précise les modalités du cessez-le-feu entré en vigueur dimanche 12 janvier.

Malgré les réticences affichées par le maréchal Haftar, Sergueï Lavrov et son homologue turc, Mevlut Cavusoglu, se sont montrés plutôt optimistes lors de la très brève déclaration faite aux journalistes à l’issue de la rencontre.

« Des consultations intenses ont eu lieu avec le soutien de la Turquie et de la Russie. Le document étudié portait sur les modalités du cessez-le-feu proclamé dimanche 12 janvier à minuit, à la suite de l’appel commun des présidents Poutine et Erdogan. Aujourd’hui, à l’issue de ces pourparlers très sérieux, nous pouvons affirmer qu’un certain progrès a été obtenu. Le chef du gouvernement libyen d’union nationale Fayez el-Sarraj vient de signer le texte. De son côté, le maréchal Khalifa Haftar a accueilli positivement le document, mais a demandé un délai supplémentaire, jusqu’à demain matin, pour décider de sa signature. J’espère que cette décision sera positive », a déclaré Sergueï Lavrov.

Le chef de la diplomatie turque se projette même dans l’étape suivante, à savoir un « processus politique » pour trouver une solution à la crise libyenne. Ce processus aurait lieu « sous le patronage de la Russie et de la Turquie », a-t-il dit.

L'essai n'est donc qu'à moitié transformé. Il faudra attendre mardi matin pour parler d'un véritable succès. La journée de ce lundi a, en tout cas, montré que Moscou et Ankara, très présents dans le dossier libyen, sont en passe de devenir incontournables en vue d’un règlement politique, et cela avec un coup d’avance sur les pays européens ainsi que sur les États-Unis.

Le simple fait de voir les négociations glisser des mains des Européens, qui allaient vers Moscou et vers Ankara, cela représente un événement extrêmement important...


► La fin des hostilités ne réglera pas les divisions de la Libye

C’est une curiosité positive qui domine chez les Tripolitains. La réunion de Moscou a surpris tout le mondesur place. La proposition mise sur la table d’un cessez-le-feu à durée indéterminée est vue évidemment comme un bon point, même si on doute de sa faisabilité.

Sur le terrain, alors que les belligérants ne cessent d’affirmer que la guerre ne s’arrêtera qu’avec l’anéantissement de l’adversaire, les plus optimistes notent que l’accord vient de la Russie et de la Turquie : deux pays qui n’ont pas l’habitude de jouer les diplomates. Donc, si l’accord a été évoqué, c’est qu’ils ont pu s’arranger entre eux et obtenir des garanties de la part des deux camps libyens qu’ils soutiennent.

Certains y voient la confirmation que l’ONU est totalement décrédibilisée. Un constat plutôt vu comme une bonne nouvelle par des Libyens qui n’ont que des critiques à formuler à l’organisation internationale.

Mais finalement, ce qui prédomine, c’est le sentiment que rien ne va totalement changer. L’éventuel arrêt des hostilités ne mettra pas fin à la division politique et géographique du pays qui perdure depuis 2014. À Tripoli, les milices qui se partagent la ville ne disparaîtront pas. Et les coupures de courant dues à un mauvais entretien des centrales électriques ne cesseront pas non plus.

RFI

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