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Nigeria: à Lagos, des expulsions à Tarkwa Bay sur fond de pression immobilière

L'armée nigériane sur le site des expulsions à Tarkwa Bay. Ici, l'amiral Oladele Daji, le 23 janvier 2020.
L'armée nigériane sur le site des expulsions à Tarkwa Bay. Ici, l'amiral Oladele Daji, le 23 janvier 2020. PIUS UTOMI EKPEI / AFP

Au Nigeria, l'incertitude règne quant à l'avenir de quelque 10 000 habitants à Tarkwa Bay, site naturel doté d'une plage artificielle à l'embouchure du port de Lagos. Des familles, qui ont été expulsés par l'armée mardi 21 janvier, n'ont eu qu'une heure pour réunir leurs effets personnels sous le contrôle des militaires et quitter leurs maisons avant que celles-ci ne soient rasées.

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« Les militaires sont venus et ont donné une heure aux gens pour quitter leurs maisons, nous raconte Isa Sanusi de l’ONG Amnesty International, au Nigeria, joint au téléphone. On ne les a pas prévenus en avance. Les militaires ont utilisé la force pour les faire partir, ils ont même tiré des coups de feu. Des milliers de familles dorment maintenant à la rue, elles ont perdu tous leurs moyens de subsistance et de nombreux enfants qui se sont enfuis restent introuvables. »

Les autorités nigérianes expliquent qu'il s'agit de protéger les pipelines situés sur l'île. Uniquement accessible par la mer, Tarkwa Bay est l'un des rares lieux semi-rural et touristique à la fois, ayant survécu à l'urbanisation effrénée et à l'explosion démographique de la mégalopole économique de 20 millions d'habitants, mais son emplacement, à l'entrée du port, en fait également un lieu de trafics en tout genre.

Les communautés participeraient au siphonage des oléoducs,directement ou indirectement, en achetant du carburant ou en ne dénonçant pas les coupables. Les oléoducs qui fournissent Lagos en essence passent par le long de la côte Atlantique et des plages, de Tarkwa Bay à Illashe, lieu de villégiature pour millionnaires nigérians et expatriés.

Libérer des terres

Selon notre interlocuteur, il s'agit surtout de libérer des terres pour les promoteurs immobiliers. L’humanitaire poursuit : « Il n'y a aucune solution pour mettre ces gens à l'abri. Tout ça au nom de la sécurité, de la lutte contre la criminalité. Mais c'est une excuse. Leur véritable intention est de récupérer des terrains libres, de prendre leurs terres aux plus pauvres pour permettre aux très riches de s'y installer. »

►À lire aussi : A Lagos, les espaces verts victimes de la folie immobilière

Le quartier de Tarkwa Bay est le vingt-quatrième ensemble de maisons depuis un mois à avoir reçu l'ordre de déguerpir par la marine dans cette zone très densément peuplée. Depuis le 21 décembre, des dizaines de milliers de personnes ont déjà dû quitter leurs foyers, qui sont ensuite détruits par des bulldozers.

L'ONG Amnesty International demande à ce que ces expulsions cessent.

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