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500 000 dollars d'amende pour un journaliste mexicain, les ONG s'insurgent

Scène du meurtre du journaliste mexicain Javier Valdez, à Culiacan (État de Sinaloa), au Mexique, en mai 2017.
Scène du meurtre du journaliste mexicain Javier Valdez, à Culiacan (État de Sinaloa), au Mexique, en mai 2017. REUTERS/Jesus Bustamante

La justice mexicaine vient de condamner en appel le journaliste mexicain Sergio Aguayo à payer cette somme pour « dommage moral » envers un ancien gouverneur qu'il accusait de corruption.

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Avec notre correspondante à Mexico,  Alix Hardy

Motif de cette condamnation : une chronique publiée dans un grand quotidien national en 2016, qui accusait de corruption l’ancien gouverneur de l’État de Coahuila, dans le nord du Mexique. Ex-gouverneur qui était pourtant à l’époque derrière les barreaux pour détournements de fonds et blanchissement. Une atteinte sévère à la liberté de la presse, dénoncent les ONG des droits de l’homme.

C’est la première fois au Mexique qu’un journaliste est condamné aussi lourdement pour avoir donné son opinion. Jan-Albert Hootsen, représentant au Mexique du Comité de protection des journalistes, dénonce une justice instrumentalisée.

« Ce jugement contre Sergio Aguayo n’a rien à voir avec ce dont on l’accuse. Au contraire, c’est une tentative flagrante de faire taire une voix très critique, car Aguayo a par le passé enquêté sur de possibles liens entre le gouverneur Moreira et le crime organisé. Tout ça crée un précédent qui pourrait pénaliser d’autres journalistes dans le futur, car au Mexique l’objectivité et l’impartialité de la justice ne peuvent pas être garanties. »

Un précédent d’autant plus dangereux qu’au Mexique, les journalistes sont déjà la cible d’attaques constantes. En 2019, dix d’entre eux ont été assassinés dans le pays.

« Le Mexique est l’un des pays les plus meurtriers au monde pour les journalistes. Et en plus de cela, le degré d’impunité des crimes contre la presse est de quasiment 100%, car il n’y a pas de volonté et de capacité des autorités à affronter la violence qui frappe la presse. »

L’affaire n’en restera pas là : mercredi, la Cour suprême mexicaine a annoncé qu’elle allait étudier le recours introduit par le journaliste condamné.  

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