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Réunis à Entebbe, le Soudan et Israël entament un rapprochement

Benyamin Netanyahu a évoqué une «normalisation» des relations avec le Soudan.
Benyamin Netanyahu a évoqué une «normalisation» des relations avec le Soudan. REUTERS/Abubaker Lubowa

Le général Abdel Fattah al-Burhan, chef du Conseil souverain soudanais, a rencontré ce lundi 3 février le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu à Entebbe, en Ouganda, à la résidence du président Museveni.

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C'est une page d'« histoire » qui est en train de s'écrire, affirme Benyamin Netanyahu sur son compte Twitter. Sa rencontre ce lundi avec le chef du Conseil souverain soudanais, Abdel Fattah al-Burhan, marque un rapprochement entre deux pays jusque-là ennemis. Et selon le bureau du Premier ministre israélien, les deux dirigeants se sont mis d'accord pour entamer « une coopération qui mènera à la normalisation des liens entre les deux pays ».

Dans un premier temps, les avions israéliens devraient être autorisés à traverser l'espace aérien soudanais. Cela réduirait considérablement la durée des vols d'Israël vers l'Amérique latine. L'établissement de ces liens pourrait également permettre à Israël d'expulser des ressortissants soudanais auxquels il ne reconnaît pas le statut de réfugiés, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil. Mais cette rencontre est surtout forte sur le plan diplomatique : alors que la Ligue arabe vient de rejeter le plan de Donald Trump pour une paix entre Israéliens et Palestiniens, le Soudan tend la main à Israël.

A un mois de nouvelles élections législatives, Benyamin Netanyahu se félicite de faire « revenir » Israël en Afrique. Ses résultats diplomatiques sont l'un de ses principaux arguments de campagne. Mais « le pivot vers l'Afrique » lancé par le Premier ministre israélien en 2016 « a eu des ratés », jugeait ce lundi le quotidien Jerusalem-Post. La coopération avec les pays africains ne s'est guère développée et ceux-ci ont continué de voter majoritairement avec les Palestiniens dans les instances internationales.

A couteaux tirés

Ce rapprochement avec le Soudan serait d'autant plus significatif que les deux pays ont été longtemps à couteaux tirés. Israël a longtemps reproché à Khartoum d’héberger des dirigeants du Hamas, de soutenir le Hezbollah et de s'aligner sur l’Iran.

Le Soudan a longtemps accusé l'État hébreux d’être à l’origine des frappes aériennes qui ont détruit des installations stratégiques soudanaises et, du moins selon la presse israélienne, des convois d’armes destinés au Hamas. Avant 2009, les passeports soudanais précisaient même en toutes lettres qu’ils étaient valables pour tous les pays du monde – sauf Israël. Le rapprochement entre Israël et le Soudan, qui a commencé timidement sous le président Omar el-Béchir, en 2016, est désormais manifeste.

Le Soudan espère obtenir la levée des sanctions adoptées par les Etats-Unis suite au conflit au Darfour. Un rapprochement avec Israël pourrait contribuer à un réchauffement de ses relations avec Washington.

Les Palestiniens furieux

La rencontre a provoqué la colère des Palestiniens. « C’est un coup de couteau dans le dos du peuple palestinien », a réagi Saeb Erekat, célèbre négociateur des Accords d’Oslo et secrétaire général de l’OLP. Il s’agit selon lui d’une violation manifeste de l'Initiative de paix arabe au moment où « l’administration Trump et le Premier ministre israélien tentent de détruire la cause palestinienne ». 

A Gaza, les factions ont elles aussi condamné le potentiel rapprochement du Soudan avec Israël, pointe notre correspondante à Ramallah, Pauline Froussard. Et dans la presse arabe, cet échange entre Benyamin Netanyahou et Abdel Fattah al-Burhan a été qualifié de « trahison envers la volonté du peuple soudanais » qui était historiquement opposé à cette normalisation des relations avec Israël.

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