Accéder au contenu principal

Présidentielle au Togo: l'Église critique le rejet de sa mission d'observation

L'église de Cristo Risorto à Lomé, au Togo, le 25 août 2017 (Photo d'illustration).
L'église de Cristo Risorto à Lomé, au Togo, le 25 août 2017 (Photo d'illustration). AFP/Yannick Folly

Au Togo, le conseil épiscopal Justice et paix souhaitait observer la présidentielle du 22 février, une demande refusée le 16 janvier par le ministre de l’Administration territoriale invoquant un manque de neutralité. 

Publicité

Dans une déclaration diffusée le 3 février, les évêques togolais disent « récuser les allégations avancées par le ministre » de l'Administration territoriale pour justifier son refus d'autoriser le conseil épiscopal Justice et paix d'observer la présidentielle du 22 février.

Positions « partisanes »

Le 16 janvier dernier, Payadowa Boukpessi accusait la Conférence des évêques d’avoir pris des positions « clairement partisanes ». Le ministre estimait ainsi que ladite conférence avait, en novembre 2019, repris à son compte les réclamations de l’opposition sur la Céni, la Cour constitutionnelle et le code électoral.

Faux, rétorquent aujourd’hui les prélats. « La conférence des évêques du Togo réaffirme qu’elle n’a jamais adopté de position partisane, écrivent-ils dans ce communiqué. Mais simplement appelé au respect de la justice et des valeurs démocratiques ».

Quand bien même son point de vue serait partagé par certains partis politiques, « cela ne signifie nullement que la Conférence des évêques a été mandatée par ces derniers ou s’est prononcée de connivence avec eux, poursuit le communiqué, mais simplement que la vérité est la chose la mieux partagée ».

L’observation que se proposait d’organiser le conseil épiscopal Justice et paix « était totalement gratuite et volontaire », précisent en outre les évêques qui n’ont que peu goûté les accusations de financements obscurs formulées par le ministre Boukpessi. Les évêques font part de « leur vive indignation face à ces propos discourtois qu’ils considèrent comme une insulte adressée à l’Église. »

Soutien citoyen

Le communiqué de la conférence des évêques a été salué par le Front citoyen Togo Debout, une coalition d’une vingtaine d’organisations de la société civile qui multiplie, depuis plusieurs mois, les propositions pour permettre des élections libres et indépendantes. Près de trois semaines plus tard, David Dossey, le premier porte-parole de Togo Debout, ne comprend toujours pas la décision du ministre de l’Administration territoriale. « Nous avons été surpris par le refus d’accréditation pour le Conseil épiscopal Justice et Paix, déclare-t-il. Nous dénonçons cet état de fait. Nous demandons au pouvoir de revoir sa copie. Nous savons tous que l’Église est la seule véritable structure citoyenne en mesure d’avoir un maillage national ».

Togo Debout demande par ailleurs que les autorités publient les résultats du scrutin bureau de vote par bureau de vote. « Je rappelle que c’est une recommandation forte, émise par l’Union européenne, reprise par la société civile, qui permettrait d’avoir un scrutin plus transparent et d’avoir une vraie traçabilité des résultats », poursuit David Dossey.

Le Front citoyen réclame également une recomposition de la Céni car à ses yeux la commission électorale penche actuellement du côté du parti au pouvoir. Si toutes ses revendications n’étaient pas satisfaites d’ici le 22 février, Togo debout n'envisage pas pour l'heure d'appeler au boycott de l’élection présidentielle. « On n’a pas pris une décision définitive au niveau du Front citoyen Togo debout, mais je pense que nous allons accompagner ce processus jusqu’au bout et voir ce que l’on pourra en tirer », conclut son porte-parole.

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.