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Togo: coup d’envoi de la campagne présidentielle

Photo prise à Lomé lors des élections législatives, le 20 décembre 2018.
Photo prise à Lomé lors des élections législatives, le 20 décembre 2018. MATTEO FRASCHINI KOFFI / AFP

La campagne officielle de l’élection présidentielle togolaise débute ce jeudi pour deux semaines. Au pouvoir depuis 2005, Faure Gnassingbé est candidat à un quatrième mandat. Pour ce scrutin désormais à deux tours et ouvert à la diaspora, six candidats font face au président sortant. Sont notamment en lice, Jean-Pierre Fabre, le leader de l’ANC et Agbéyomé Kodjo, l’ancien Premier ministre de Gnassingbé Eyadema.

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C’est parti pour deux semaines d’un intense marathon. Entre visites de terrain, meetings, émissions radio et télé, le programme des différents candidats promet d’être chargé. Ils sont sept au total sur la ligne de départ. À commencer par le président en exercice.

Pourquoi Faure Gnassingbé se représente-t-il après quinze ans de pouvoir ? « Il a, progressivement, reconstruit politiquement le pays, expliquait mardi Christian Trimua, le ministre des Droits de l’homme, en faisant toutes les réformes constitutionnelles et institutionnelles nécessaires. Il a, économiquement, relancé la dynamique de développement du pays, et puis abordé l’important chantier social de reconstruction sociale du pays. Son bilan parle pour lui ». Si le nombre de mandats est désormais limité à deux, la mesure adoptée en mai dernier par une réforme constitutionnelle n’est pas rétroactive. Faure Gnassingbé a donc pu se représenter, ce que ne cessent de dénoncer certains de ses adversaires.

Jean-Pierre Fabre est de ceux-là. Le leader de l’ANC a déposé un recours le 27 janvier pour faire invalider sa candidature. Un recours rejeté par la Cour constitutionnelle. L’ancien chef de file de l’opposition ne compte pas en rester là : sur RFI, il annonçait mercredi son intention d’introduire une nouvelle demande devant la Cour de justice de la Cédéao. En parallèle, Jean-Pierre Fabre, arrivé deuxième lors des deux dernières présidentielles, entend mener une intense campagne de terrain. Après que l’ANC a surtout formé ces dernières semaines ses futurs représentants dans les bureaux de vote, le candidat part lui ce jeudi pour Dapaong afin d’y tenir un premier meeting.

Le défi pour l’opposition ? Parvenir à mobiliser son électorat

Également en lice pour scrutin, Agbéyomé Kodjo entend lui aussi sillonner l’ensemble du territoire, « de Lomé jusqu’à Cinkassé  (petite ville située à la frontière avec le Burkina Faso) », précise Fulbert Attisso, le coordinateur général de sa campagne. Investi seulement le 31 décembre dernier, l’ancien Premier ministre de Gnassingbé Eyadéma a commencé depuis peu à « se présenter » à la population, que ce soit sur les marchés de Lomé ou dans l’intérieur du pays. A la tête du MPDD (Mouvement patriotique pour le développement et la démocratie), il est candidat pour la deuxième fois à la magistrature suprême après l’élection de 2010 où il avait obtenu 0,9 % des voix.

Cette élection sera aussi le deuxième tour de piste pour Aimé Gogue et Mohamed Tchassona Traoré. Patron de l’ADDI (Alliance démocratique pour le développement intégral), le premier avait rassemblé 4,3 % des voix en 2015 contre 0,9 % pour le second, à la tête du MCD (Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement). Les deux derniers candidats sont des anciens de la C14 : Georges-William Kouessan représentera le Parti santé du peuple et Komi Wolou le Parti socialiste pour le renouveau (PSR).

L’un de ces candidats peut-il espérer faire chuter l’inamovible Faure Gnassingbé ? Le pari s’annonce d’autant plus compliqué que l’opposition se présente divisée. Sans compter que certaines figures appellent également au boycott du scrutin comme Tikpi Atchadam, le leader du PNP. Le défi pour les candidats en lice sera donc de parvenir à mobiliser un électorat potentiellement tenté par l’abstention. Pour ce faire, les opposants devraient pouvoir compter sur Togo-Debout. Ce Front citoyen, qui rassemble une vingtaine d’organisations de la société civile, n’envisage pas pour l’instant d’appeler au boycott du scrutin. « Je pense que nous allons accompagner ce processus jusqu’au bout et voir ce qu’on pourra en tirer », pronostique David Dosseh, le premier porte-parole de la structure.

Des demandes de l’opposition rejetées par le pouvoir

Mais inquiet du manque de transparence, le Front citoyen comme la plupart des candidats de l’opposition ne cessent d’appeler les autorités à revoir le dispositif prévu pour le scrutin. Leurs demandes ? Non seulement que les résultats soient publiés bureau de vote par bureau de vote mais que la composition de la Céni soit revue. Société civile et opposants s’étonnent en outre que le Conseil épiscopal Justice & Paix n’ait pas été autorisé à observer le scrutin. La Conférence des évêques du Togo est sortie mardi de son silence pour dénoncer cette décision. Dans un communiqué, les prélats « récusent les allégations avancées par le ministre de l’Administration territoriale » pour justifier son refus, « un tel droit ayant été exercé à maintes reprises dans le passé par ledit Conseil épiscopal ».

Le pouvoir va-t-il alors accéder aux demandes formulées par les candidats et la société civile ? Rien n’est moins sûr. Christian Trimua, le ministre des Droits de l’homme, a écarté mardi l’idée d’une proclamation des résultats bureau de vote par bureau de vote car, selon lui, « le système électoral togolais prévoit une première centralisation des résultats au niveau des commissions électorales locales indépendantes, qui ensuite les renvoient à la Commission nationale, à Lomé ». Même fin de non-recevoir au sujet de la recomposition de la Céni. « Celle-ci ne peut pas être renouvelée », car estime-t-il, « elle est composée sur la base de la représentation à l’Assemblée nationale et non pas sur les résultats des élections locales ».

Nous sommes désespérés. Nous voulons la concrétisation des promesses. Il y a promesses versus promesses...

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