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La stratégie de l'UA pour peser dans le dossier libyen

Abdelmadjid Tebboune, le nouveau président algérien, le 12 décembre 2019 à Alger.
Abdelmadjid Tebboune, le nouveau président algérien, le 12 décembre 2019 à Alger. REUTERS/Ramzi Boudina

Peser davantage dans la résolution du conflit en Libye, tel est l'objectif de l'Union africaine, qui organise ce samedi après-midi à Addis-Abeba une réunion importante de son Conseil paix et sécurité. Et pour ce faire, l'Union africaine compte sur deux nouveaux atouts.

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Avec notre envoyé spécial à Addis Abeba, Christophe Boisbouvier

Le premier atout, c'est le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, qui va succéder ce dimanche à l'Égyptien Abdel Fatah al-Sissi à la tête de l'UA. Fini le blocage de toute initiative de l'Union africaine par le maréchal Sissi, très jaloux de ses relations privilégiées avec le maréchal Haftar. Avec l'Afrique du Sud, l'UA aura les mains beaucoup plus libres.

Le deuxième atout, c'est l'Algérien Abdelmajid Tebboune. Depuis son arrivée au pouvoir, il y a deux mois, le chef de l'État algérien multiplie les consultations sur la Libye. Ce mercredi, il a envoyé son ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, à Benghazi, dans le fief du maréchal Haftar, pour y rencontrer l'homme fort de l'est de la Libye.

L'Algérie, une carte maîtresse

Dans le jeu de l'Union africaine, l'Algérie est une carte maîtresse, car elle est respectée à la fois par le camp Sarraj et le camp Haftar. On a beaucoup parlé de la conférence de Berlin sur la Libye le 19 janvier dernier qui a abouti à une trêve sur le terrain. Mais on a moins parlé de la conférence de Brazzaville du 30 janvier qui a relancé l’idée d’un forum de réconciliation inter-libyen entre terre africaine. Est-ce que ce sera à Alger, comme le propose le nouveau président algérien, Abdelmadjid Tebboune, ou est-ce que ce sera à Addis-Abeba, la capitale de l’Union africaine, comme le propose le Congolais Denis Sassou-Nguesso qui préside le Comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye ?

La décision pourra être prise cet après-midi lors d’un conseil Paix et Sécurité de l’Union africaine auquel devrait participer exceptionnellement Denis Sassou-Nguesso. Ce qui est important aussi, c’est que l’ONU soutient cette initiative. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, vient de le dire en ce début d’après-midi en conférence de presse à Addis-Abeba : l’ONU est prête aussi à accueillir désormais une délégation permanente de l’Union africaine dans le bureau de l’ONU à Tripoli. Finie donc la petite guerre entre l’ONU et l’Union africaine sur le dossier libyen.

Très concrètement, l'UA a l'intention de déployer en Libye sur le terrain des observateurs, qui participeront à la surveillance du cessez-le-feu qui se négocie en ce moment à Genève.

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