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Madagascar: la société civile se réunit à propos de la révision code minier

Exploitation d'une mine de saphirs à Madagascar.
Exploitation d'une mine de saphirs à Madagascar. AFP PHOTO/Roberto SCHMIDT

Environ 80 entités de la société civile se concertent pendant deux jours pour trouver une position commune sur la révision du code minier : un sujet sensible et stratégique puisqu’il représente 30 % des recettes d’exportations.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

En novembre dernier, un avant-projet de loi de réforme du secteur minier a été examiné en conseil de gouvernement. Le texte avait suscité une levée de boucliers de la part du secteur privé et de la société civile. Cette dernière estime qu’il a été élaboré dans l’opacité et qu’il omet des problématiques primordiales.

Impact environnemental et sur les populations

Ce qui alarme notamment la société civile, c’est notamment l’impact de l’extraction minière sur les communautés locales et sur l’environnement oublié dans le texte proposé par le gouvernement. Selon elle, l’avant-projet de loi de réforme du secteur minier se concentre trop sur les impôts et les taxes que pourraient payer les entreprises extractives à l’État.

Clément Rabenandrasana est le secrétaire exécutif de l’Organisation de la société civile sur les Industries extractives (OSCIE) : « Au cours des cinq dernières années, les projets miniers sont en majorité contestés par les populations locales. Nos constats sur le terrain montrent que les causes des principales contestations sont des aspects sociaux et environnementaux. C’est la raison pour laquelle nous allons plaider auprès du gouvernement pour qu’il se concentre sur ces deux problématiques. »

►À écouter aussi : Afrique économie - À Madagascar, Rio Tinto creuse et les populations font grise mine

Des organisations de tout le pays se sont déplacées à Antananarivo. Alexandros Marignandro, responsable technique de la Fédération des communautés de Base du Menabe, région du sud-ouest de l’île : « Les carrés miniers il y en a partout à Madagascar donc quand il y a une exploitation ça concerne forcément les communautés locales. Dans le Menabe par exemple, il y avait des carrés miniers qui se superposaient à une aire protégée. Il y a aussi l’exploitation de l’or qui commence à être très connue dans notre région et ça a provoqué de l’insécurité. C’est sûr que bientôt ça va créer une ruée vers l’or et donc de la pollution et la destruction de l’environnement. L’exploitation minière pourrait apporter un développement pour le pays et au niveau local, mais ici à Madagascar c’est le contraire que l’on constate. Donc l’État devrait regarder ça de près. »

La société civile compte bien faire intégrer ces problématiques récurrentes à l’avant-projet de loi. Car face aux contestations, les autorités ont finalement décidé de mettre en place un comité de pilotage avec tous les acteurs du secteur (mines artisanales, grandes mines, syndicats, société civile et le ministère des Mines) chargé d’émettre des recommandations et d’élaborer un texte. Les membres du comiét, qui défendront la position de la société civile, ont été désignés jeudi 13 février.

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