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Un jour pour le pangolin, vecteur probable du coronavirus et mammifère traqué

Maja Gudehus, vétérinaire, membre du groupe de spécialistes des pangolins de l'UICN et coordinatrice du Sangha Pangolin Project lors d’une conférence de presse sur ce sujet, le 15 février à Bangui, en Centrafrique.
Maja Gudehus, vétérinaire, membre du groupe de spécialistes des pangolins de l'UICN et coordinatrice du Sangha Pangolin Project lors d’une conférence de presse sur ce sujet, le 15 février à Bangui, en Centrafrique. Gaël Grilhot/RFI

Le pangolin est considéré comme étant l’animal le plus traqué au monde. Selon les estimations, jusqu’à 2,7 millions de pangolins sont chassés dans les forêts d’Afrique centrale chaque année. Ce lundi 17 février, c’est la journée mondiale de ce petit mammifère, soupçonné par la communauté scientifique d'avoir transmis le coronavirus à l'homme.

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Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset

Les pangolins sont chassés pour leur chair mais aussi pour leurs écailles qui sont ensuite envoyées sur les marchés asiatiques. En Centrafrique, on trouve les quatre espèces connues de pangolins du continent. Elles sont classées « en danger » ou encore « vulnérables ». S’agissant d’une véritable richesse écologique et bien que ce soit des espèces protégées, elles attisent la convoitise des braconniers.

L’importance du pangolin pour la biodiversité

Le Sangha Pangolin Project travaille dans le sud-ouest du pays à une meilleure connaissance de cet animal. Le Dr Maja Gudehus étudie cette espèce, depuis 2017, en Centrafrique. Elle insiste sur l’importance de sa conservation pour la biodiversité.

« Le pangolin a un régime alimentaire très spécifique. Il mange les fourmis et les termites jusqu’à, dit-on, 70 millions par année. Par conséquent, si on a une diminution des pangolins, on a évidemment un déséquilibre écologique. Une surpopulation de ces insectes induit un déséquilibre au niveau des forêts et aussi, ensuite, au niveau humain avec la destruction des habitats et les récoltes qui sont affectées », explique Maja Gudehus.

Combattre le braconnage

Malgré le code de protection de la faune sauvage de 1984, les autorités peinent à lutter contre le braconnage. Le colonel Ulrich Frédéric Lombe Zanza est un expert national sur ces questions. Pour lui, il faut que la justice soit plus strictement appliquée : «  On peut le dire. Il y a un peu de laxisme. J’ose croire que des améliorations vont être faites. »

« Pour avoir un résultat probant dans le cadre de la criminalité faunique, il faut impliquer totalement la justice dans cette chaîne-là. Si la justice n’est pas impliquée, il va y avoir un problème de finalité dans le cadre de la procédure. Donc, il faudrait que quelqu’un qui essaie d’enfreindre cette loi soit puni conformément à ce qui est prévu dans la loi », souligne encore le colonel Ulrich Frédéric Lombe Zanza.

Les réseaux organisés sont difficiles à neutraliser. Deux grosses saisies représentant plus de 500 kg d’écailles de pangolin ont été réalisées ces dernières semaines dans le pays.

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