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Madagascar: une foule en colère attaque le commissariat d'Ambilobe

Une patrouille de police emmène un homme suspecté d'avoir participé aux lynchages, sur l'île de Nosy Be, le 6 octobre 2013.
Une patrouille de police emmène un homme suspecté d'avoir participé aux lynchages, sur l'île de Nosy Be, le 6 octobre 2013. AFP PHOTO / RIJASOLO

À Madagascar, des centaines d'habitants s'en sont pris au commissariat de la ville d'Ambilobe, dans l'extrême nord du pays. Depuis dimanche 16 février, une foule en colère réclamait  que la police leur livre un homme soupçonné d'avoir tué une femme enceinte.

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La population voulait punir et tuer le présumé criminel. Une vingtaine de personnes, auteures de dégradations et de blocages des routes, ont été arrêtées dimanche puis libérées, dans un but d'apaisement et après des discussions entre la population et les autorités. Un manifestant et un policier ont été blessés, indique la gendarmerie. Le calme est revenu dimanche soir.

Selon des témoins, plus de 500 personnes s'en sont pris au commissariat. Un policier a d'ailleurs été brièvement séquestré par les habitants puis libéré par les gendarmes. Quatre autres policiers se sont retrouvés piégés à l'intérieur du commissariat, incapables de sortir face à une foule furieuse, indique une source au sein de la gendarmerie. Jets de pierres, pneus brûlés et une voiture incendiée... Le calme est revenu vers 2h du matin mais les habitants ont repris leurs manifestations dans la matinée, en bloquant les routes.

Des forces de l'ordre des grandes villes voisines, Diego Suarez et Ambanja, ont dû se rendre sur place en renfort, mais c'est finalement une mission gouvernementale, dépêchée en urgence, qui a mis un terme à la situation très tendue.

Le ministre de la Sécurité publique et le secrétaire d'État en charge de la Gendarmerie, avec les autorités locales, ont pris part à une réunion publique avec la population.

« C'est une grande foule qui nous a accueillis. Ils réclamaient encore la vindicte populaire en disant que l'homme était un assassin mais on leur a expliqué que ce n'est pas la solution et qu'on ne peut tuer qu'en cas de légitime défense », indique le général Richard Ravalomanana, secrétaire d'État en charge de la Gendarmerie.

À lire aussi : "Madagascar: le Premier ministre promet des poursuites en cas de vindicte populaire"

Les vindictes populaires sont courantes dans le pays, notamment parce que la population n'a pas confiance en la justice et aux forces de l'ordre qui ont montré, à de nombreuses reprises, leur capacité à se laisser corrompre.

Ce laxisme, aussi bien des forces de l’ordre que du personnel judiciaire, fait que des Malgaches ont décidé de se faire justice eux-mêmes. Malheureusement, depuis une dizaine d’années, c’est devenu récurrent à Madagascar alors qu’auparavant, c’était un phénomène assez rare.

 

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