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Bénin: trente ans après la Conférence nationale, Robert Dossou questionne la justice

Assemblée nationale béninoise à Porto Novo (illustration).
Assemblée nationale béninoise à Porto Novo (illustration). RFI/Carine Frenk

Il y a trente ans au Bénin, s'ouvrait la première conférence nationale d'Afrique francophone, en février 1990, première étape de la construction des institutions démocratiques béninoises. Maître Robert Dossou a participé à l'écriture de la Constitution du Bénin. Il en dresse un bilan mitigé.

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Cette première conférence nationale d'Afrique francophone s'est réunie du 18 au 29 février 1990. Maître Robert Dossou, qui a participé à l'écriture de la Constitution du Bénin, est aujourd'hui avocat de Lionel Zinsou, opposant à l'actuel président de la République Patrice Talon.

« Les données et les acquis de cette Conférence nationale sont demeurés gravés dans le cœur et l’esprit du peuple béninois, tout comme on n’a jamais effacé Philadelphie [où a été rédigée la Constitution des Etats-Unis de 1787, NDLR ] de la conscience collective des Américains, ni le Bill of rigths [la Déclaration des droits de 1689, NDLR] de la conscience collective du peuple britannique. Cela ne peut jamais s’effacer.»

L'indépendance de la justice douteuse

Maître Robert Dossou s'inquiète notamment de l'indépendance de la justice et de l'appareil judiciaire.

«Au jour d’aujourd’hui, la démocratie et les principes fondés par la Conférence nationale du Bénin de 1990, ces principes ont été mis entre parenthèses. La séparation des pouvoirs pose problème, l’indépendance de la justice pose problème… Je l’ai vécu, j’ai des dossiers que j’ai plaidés ! Et ces dossiers sont vides ! J’ai la conviction que les juges ont été téléguidés. Les juges sont terrorisés.

Mais je parle des parenthèses, parce que j’ai foi. J’ai foi qu’une résistance très patiente du peuple béninois, ajoutée à l’intelligence des hommes qui nous gouvernent, va faire bouger un peu la rupture que nous avons aujourd’hui par rapport à l’Etat de droit ».

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