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Polémique sur le coronavirus au Kenya: le gouvernement tente de rassurer

Vue générale de Nairobi, la capitale du Kenya, le 15 mai 2017.
Vue générale de Nairobi, la capitale du Kenya, le 15 mai 2017. Photo by Thomas Imo/Photothek via Getty Images

La Haute Cour de justice kényane a suspendu temporairement les vols en provenance de Chine. Une décision suite à une plainte déposée par l’association des avocats LSK qui demandait aux autorités d’interdire les avions venus de Chine afin de protéger le pays contre le coronavirus.

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Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Nemeth

La plainte de l’association des avocats survient après l’arrivée à Nairobi, mercredi, d’un vol de 239 passagers en provenance de Chine, ligne qui avait pourtant été suspendue pendant deux semaines.

Le jugement James Kamau, magistrat de la Haute Cour, est ferme : il bloque les arrivées en provenance de Chine tout en accusant les institutions visées par la plainte, d’avoir mis les Kényans « en grave danger », en autorisant l’atterrissage du vol CZ-6043. Le juge a d’ailleurs demandé que les autorités placent les 239 passagers en quarantaine dans une infrastructure militaire.

Quelques heures plus tard, comme si elle ne voulait pas se voir imposer cette décision, l’ambassade de Chine au Kenya a justement annoncé la suspension des vols en provenance de Guangzhou. Officiellement suite « à la baisse du nombre de passagers ».

Le gouvernement se défend

Accusé de légèreté, le gouvernement a voulu rassurer. Hasard du calendrier c’est justement hier que le ministère de la Santé a changé de tête, suite au remaniement de mi-janvier. En prenant son poste, Mutahi Kagwe a défendu le bilan des services de santé. « Nous n’avons pas besoin d’une décision de justice pour sécuriser la vie des Kenyans. Les gens peuvent porter plainte tous les jours. Mais pour nous la question c’est savoir si nous avons des capacités suffisantes. Maintenant comment protéger ces vies, c’est la décision de l’équipe autour de moi »

Aux côtés du nouveau ministre, sa prédécesseure, Sicily Kariuki, a réfuté toute légèreté dans la gestion de l’épidémie lorsqu’elle était en poste. « Les interventions des autorités sanitaires s’ajustent à l’évolution de l’épidémie. Il ne faut pas croire que le gouvernement est resté assis à attendre. Il a agi et beaucoup de choses ont été accomplies », a-t-elle assuré.

Pour Rashid Aman, responsable de l'administration sanitaire au gouvernement, il n’y a pas de problème à demander aux passagers de s’isoler et se surveiller eux-mêmes : « Ça veut dire que vous restez chez vous. Vous vous surveillez. Si une personne a des symptômes, elle contacte les autorités. Nos équipes les contactent aussi régulièrement. Ça ne veut pas dire que ces gens sont malades, mais nous ne voulons prendre aucun risque. Donc c’est une mesure de précaution extrême. »

Face au tollé, les autorités ont voulu étaler les mesures prises pour contenir une arrivée du coronavirus. Il y a un plan national d’urgence et des équipes de réponse rapide. Toute personne arrivant au Kenya voit sa température vérifiée. Ainsi 320 000 voyageurs ont été examinés depuis un mois. Les moyens humains ont été renforcés avec 650 professionnels de santé formés, deux laboratoires peuvent désormais établir des diagnostics, une unité d’isolement de 11 lits est prête, une autre de 120 places le sera d’ici un mois.

« C’est une mesure discriminatoire »

Toutefois, certains Kényans demandent encore aux autorités d’interdire les Chinois d’entrer sur le territoire. Le ministre Rashid Aman a refusé une telle mesure : « C’est une mesure discriminatoire. D’autant qu’aujourd’hui le virus se répand dans beaucoup d’autres pays. Et même si vous stoppez les vols en provenance de Chine, les gens transitent ailleurs. Donc ce n’est pas une solution. Brocarder une population en particulier serait dangereux. »

Le pays reste néanmoins fébrile. Dans la région d'Athi River, un passager chinois a voulu se mettre en quarantaine, comme le demande le gouvernement. La population s’est mise en colère et des agents de santé ont dû être envoyés sur place pour calmer les esprits.

La décision de la Haute Cour prend en tout cas le président Kenyatta à revers. Le matin même, par décret, il avait créé un comité d’urgence, ordonné l’ouverture d’une unité d’isolement d’ici sept jours, et demandé un audit des hôpitaux de référence. Mais rien sur les visiteurs venus de Chine.    

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