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Madagascar: la capitale accueille un forum sur la question des villes durables

Vue d'un quartier défavorisé d’Antananarivo, capitale de Madagascar.
Vue d'un quartier défavorisé d’Antananarivo, capitale de Madagascar. RFI/Paulina Zidi

Durant deux jours, chercheurs, démographes, architectes, politiques, et autres spécialistes nationaux comme internationaux vont débattre de « comment transformer une ville pour et par ses habitants ». À Madagascar, comme dans de nombreux pays émergents, la durabilité reste un concept encore peu pris en compte dans l’aménagement des territoires. Pourtant, les grandes villes du pays font face à un développement anarchique, sans réel plan d’urbanisme.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

Un étalement urbain et un certain laisser-faire, voilà le dénominateur commun des grandes villes africaines comme Dakar, Abidjan ou Antananarivo, explique l’architecte-urbaniste Anne Durand, spécialisée dans la recherche et la pratique des nouvelles manières de penser et concevoir les villes. Certaines villes sont exposées à un enjeu encore plus crucial.

« À Dakar, Abidjan, Tana, mais aussi au Mexique, il y a une problématique liée aux quartiers informels. Ces quartiers, on ne peut pas les raser. Alors comment on fait et comment on apporte ce « droit à la ville », c’est-à-dire l’accès aux services, à l’assainissement, à l’eau ? Car ces gens ont droit de vivre comme les autres. »

Alors, comment faire du durable avec des villes déjà urbanisées, densifiées, saturées et où la spéculation immobilière dicte bien souvent l’organisation du territoire ?

« À Madagascar, il y a tout pour inventer un écosystème, un modèle vertueux autour du savoir-faire qu’ont les habitants et autour des ressources naturelles qu’a l’île et qu’ont les villes, ajoute Anne Durand. C’est une chance incroyable qu’il ne faut vraiment pas manquer. À Tana, pour faire du « durable » c’est déjà, à mon avis, répondre à l’urgence. L’assainissement c’est le plus grand problème à résoudre. C’est à la fois faire une ville pour tous et avec tous. Ce n’est surtout pas appliquer un modèle, mais faire ce qu’on a, localement. J’ai pu étudier la planification et penser la ville avec un début, une fin, en prenant des décisions de manière top-down [NDLR, approche descendante], et ça, ça ne marche plus du tout. On est dans des enjeux planétaires où aujourd’hui, il faut faire avec les forces que l’on a sur place. C’est tous ces petits métiers qu’il faut valoriser et c’est avec eux qu’il faut faire la ville de demain. »

Éviter les villes nouvelles

Transformer l’existant, plutôt que de créer du neuf, améliorer la mobilité dans la ville pour la désengorger plutôt que d’envoyer les gens plus loin. Anne Durand ne croit pas aux bienfaits des villes nouvelles. Preuves à l’appui.

« Je pense que ce n’est absolument pas une solution. La construction de villes nouvelles aux abords des villes émergentes ou des villes comme Tana n’est pas du tout le modèle à suivre. Au contraire, c’est déplacer le problème. On sait que l’étalement urbain coute plus cher que de savoir faire la ville sur la ville, sans que l’on sache en plus ce que cela va donner dans les 20-30 prochaines années.

Quand on voit toutes les villes nouvelles qui sont sorties de terre en Afrique du Nord, en Inde, c’est planifier des logements souvent il n’y a pas de service parce que c’est trop coûteux, et les gens n’ont pas les moyens de se déplacer pour faire les aller-retour entre le centre-ville et la ville nouvelle. Donc ça crée des villes abandonnées. Comme au Mexique. À un moment donné, on a construit 2 500 logements par jour et aujourd’hui ces villes sont abandonnées. Et le problème se répète. On les construit vite : il n’y a pas d’espaces publics, pas de services. C’est déplacer le problème qu’il y a à résoudre sur la ville ici. Il y a tellement de choses à faire, de belles choses. »

Le président de la République a promis, lui, durant sa campagne, la construction de plusieurs villes nouvelles à travers le pays, pour fluidifier les grandes villes saturées par la pression démographique. Cinq devraient voir le jour tout autour de la capitale.

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