Accéder au contenu principal

Législatives au Cameroun: une campagne sur fond de peur et d'insécurité en zone anglophone

Les Camerounais de onze circonscriptions en zones anglophones vont devoir retourner aux urnes (ici à Yaoundé, le 9 février 2020).
Les Camerounais de onze circonscriptions en zones anglophones vont devoir retourner aux urnes (ici à Yaoundé, le 9 février 2020). AFP

Au Cameroun, dans les onze circonscriptions des régions anglophones, les législatives de février ont été annulées par le Conseil constitutionnel. Ces régions se préparent maintenant à revoter le 22 mars prochain. Officiellement, la campagne est lancée, depuis le lundi 9 mars, mais elle se déroule dans un climat de peur et d’insécurité persistant.

Publicité

Les combattants séparatistes sont toujours opposés à la tenue des élections législatives, et les attaques ainsi que les affrontements avec les forces armées camerounaises n'ont pas cessé. Le président de la Commission nationale des droits de l'homme, Gabriel Nonetchoupo, déplore un « climat délétère ».

Dans les rangs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, on assure que la campagne est bel et bien lancée. On reconnait néanmoins que l'insécurité qui persiste impose aux candidats de renoncer à une partie de leurs activités.

« La campagne se déroule je ne dirais pas normalement. Il y a quand même le fait que nous sommes de plus en plus prudents, vigilants. Il y a un renforcement de la sécurité qui veille et qui protège. On évite les très grands rassemblements mais nous allons faire du porte-à-porte vers les électeurs », reconnait Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du parti.

Face aux menaces des combattants séparatistes

La prudence est plus grande encore pour les candidats du Front social démocrate (SDF), parti d'opposition. Aucun rassemblement public n'est prévu car c’est « trop risqué », explique Jean-Robert Wafo, porte-parole du parti. Face aux menaces des combattants séparatistes, les moyens de faire campagne « sont très limités », dit-il.

« C’est extrêmement compliqué. Nous essayons de contacter les potentiels directeurs par des appels téléphoniques ou par Internet mais il n’y a pas de rassemblements publics parce que quiconque tente de le faire s’expose à la furie de ceux qui ne veulent pas que les élections se tiennent », ajoute  Jean-Robert Wafo, porte-parole du SDF.

Vendredi 13 mars, la ville de Bamenda était déserte, suite à un mot d'ordre de « ville morte » imposé par les séparatistes, en mémoire aux victimes du massacre de Ngarbuh, le 14 février dernier.

Un plus grand nombre de centres de vote

Le SDF demande également à Elecam, organe chargé d'organiser le scrutin, de ne pas regrouper, cette fois, la majorité des bureaux de vote dans les chefs-lieux, comme ce fût le cas le 9 février.

« On ne peut pas demander aux électeurs de parcourir 30 ou 45 km à pied dans ce climat d'insécurité », plaide le parti. C'est cet argument notamment qui avait poussé le Conseil constitutionnel à annuler le précédent vote dans ces 11 circonscriptions qui doivent revoter.

Abdoul Karimou, directeur adjoint d'Elecam, assure à RFI que beaucoup plus de centres de vote seront ouverts, cette fois, et surtout que plus d'efforts seront faits pour communiquer sur leurs emplacements, afin que tous les électeurs sachent où ils devront aller voter et puissent s'y préparer.

Lire aussi : Cameroun: les élections législatives annulées dans une partie des régions anglophones

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.