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Guinée: polémique autour du maintien du double scrutin de dimanche

Un homme marche près de l'affiche de la campagne électorale de la Guinée pour le parti de la démocratie et de l'harmonie (GDE) à Conakry, Guinée, 26 février 2020.
Un homme marche près de l'affiche de la campagne électorale de la Guinée pour le parti de la démocratie et de l'harmonie (GDE) à Conakry, Guinée, 26 février 2020. REUTERS/Stringer

Plus que 48 heures avant la tenue d’un double scrutin hautement controversé, couplant législatives et référendum constitutionnel. Le Front national de Défense de la Constitution, certain qu’Alpha Condé compte en profiter pour briguer un troisième mandat en violation de l’actuelle loi fondamentale, s’y oppose catégoriquement. Pour le gouvernement, il n’est pas question d’un nouveau report et les préparatifs suivent leur cours en dépit de l’épidémie de coronavirus dont la Guinée vient d’enregistrer un second cas. 

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Avec notre correspondant à Conakry, Carol Valade

En pleine crise du coronavirus, la Guinée maintient son double scrutin dimanche. Une décision « incohérente avec la situation sanitaire » selon le chef de fil de l’opposition, Cellou Dalein Diallo. « C’est de l’irresponsabilité, c’est même un crime. Le gouvernement est irresponsable, il ne se préoccupe pas de la vie et de la santé des Guinées. Alpha Condé ne veut que son troisième mandat. Nous, on dit aux gens : ne sortez pas pour préserver votre santé, pour ne pas être complice de ce coup d’Etat constitutionnel qu’Alpha Condé veut perpétrer. »

A ce stade, l’épidémie reste sous contrôle, répond le ministre de l’Information. Amara Somparé détaille une série de mesures sanitaires. « L’espacement des électeurs dans les files d’attente, le lavage systématique des mains avant d’entrer dans les bureaux de vote… Avec deux cas confirmés, dont l’un a heureusement été guéri, nous pouvons organiser ces élections législatives et référendaires dans un contexte sanitaire globalement maîtrisé. »

Les Guinéens de France ne peuvent pas voter, en raison du confinement. L’OIF, l’Union africaine et la Cedeao, qui se sont retirés du processus, n’enverront pas d’observateurs. La Coalition citoyenne pour les élections et la gouvernance (CoCEG) a annoncé ce jeudi avoir également annulé sa mission d'observation pour les élections de ce dimanche. L'organisation de la société civile devait envoyer près de 600 observateurs pour s'assurer de la bonne tenue du scrutin. Pour Bangaly Camara, le porte-parole de CoCEG, sans observateurs, le vote n'est plus viable.

La coordination de la CoCEG a décidé de continuer à influencer le débat politique dans notre pays en apportant sa contribution à l'apaisement.

Bangaly Camara, porte-parole de CoCEG

Internet et les appels internationaux seront interrompus les matinées du 21 et 22 mars, en raison d’une « intervention technique » sur le câble sous-marin. Une « pure coïncidence », explique Amara Somparé. 

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