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Guinée: un «oui» massif à la Constitution contestée

Une affiche de la campagne référendaire soutenant la réforme de la Constitution à Conakry, le 27 février 2020.
Une affiche de la campagne référendaire soutenant la réforme de la Constitution à Conakry, le 27 février 2020. REUTERS/Stringer

En Guinée, le président de la commission électorale a annoncé ce vendredi 27 mars au soir la victoire du « oui » au référendum constitutionnel. Selon des résultats provisoires, le « oui » l'emporte à 91,59% des suffrages exprimés dimanche dernier.

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Sans surprise que le « oui»  l'a remporté avec 91,59% des voix contre seulement 8,44% qui ont voté « non » pour cette nouvelle Constitution guinéenne, selon bien sûr les résultats provisoires proclamés par le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Amadou Salif Kébé. Il a en outre indiqué que le taux de participation était estimé à 61%. Il ne reste plus qu'à la Cour constitutionnelle de confirmer ou infirmer ces résultats provisoires par l'institution en charge des élections en Guinée.

Boycott et violences

L'opposition et une bonne partie de la société civile regroupée au sein du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) avaient appelé au boycott de ce référendum et des élections législatives dont les résultats sont en train, en ce moment même, d'être donnés par Amadou Salif Kébé sur Facebook.

L'appel au boycott pour empêcher ces élections a conduit à des violences entre les opposants et les forces de l'ordre qui ont fait depuis octobre 2019 des dizaines de morts et des centaines de blessés.

Selon le ministre de l'Administration du territoire, Bouréma Condé, des centaines d'urnes et des bureaux de vote ont été saccagés ou incendiés lors du double scrutin législatif et référendaire de dimanche dernier 22 mars en Guinée.

Un retour au dialogue est-il possible?

Le gouvernement et le parti au pouvoir, le RPG, se félicitent que le vote se soit malgré tout tenu sur l’ensemble du territoire, malgré le contexte. « En dépit des menaces, des soupçons de peur qui planaient, les gens sont sortis voter, estime Domani Doré, membre du comité central du RPG Arc-en-ciel. Ce taux de participation, je pense qu'il a été arraché par la volonté individuelle de chaque Guinéen. Ce que nous avons déploré, dans la démarche de cette opposition radicale, c'est de non seulement rappeler qu'elle boycotte ce vote mais aussi de dire qu'elle empêcherait l'organisation de cette élection. »

Pour le parti au pouvoir, il est désormais temps de se tourner vers le prochain scrutin. « Avec l'agenda électoral, nous devons maintenant nous atteler à participer à l'élection présidentielle pour que la victoire soit également écrasante », estime Domani Doré. Le parti appelle à reprendre le dialogue en vue de la présidentielle d' octobre prochain. 

Mais pour l’opposition, il n’est pas question de dialoguer sans que ce double scrutin ne soit annulé. Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition et membre du FNDC (Front national pour la défense de la Constitution) affirme qu’il ne reconnaîtra pas les institutions issues des élections du 22 mars.

« La Céni a fabriqué des chiffres qui vont dans le sens souhaité. Pour nous, c'est une défaite du RPG et une victoire du FNDC, parce que les Guinéens ne se sont pas mobilisés. Il est hors de question, pour nous, d'accepter ces résultats. Nous allons continuer cette lutte jusqu'à ce que ce double scrutin soit annulé et qu'on revienne sur des bases plus démocratiques pour aller à des élections. S'ils sont près à annuler le scrutin pour qu'on définisse ensemble les conditions à réunir pour aller à des élections libres, évidemment, l'opposition serait disposée. Mais elle ne peut pas accepter ni la Constitution, ni le Parlement issus de cette mascarade. »

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